Actualité à la Hune

Piraterie dans l’océan Indien

Le cul-de-sac des Seychelles

  • Publié le : 26/05/2009 - 08:37

Trio infernal Le et ses deux barques capturées à quelques milles de la Digue. La chaloupe stocke 2,5 tonnes de carburant en bidons ! Les deux barques de 4 et 5 mètres sont propulsées par des hors-bord de 40 et 48 chevaux. Parfaites sur eaux plates, mais incapables de remonter face à l'alizé établi. Photo © D.R. <Je viens d'être libéré, les armes me sont rendues, ne reste plus qu'à passer au milieu des pirates>. Ce sms, reçu le 13 mai, est l'un des plus surprenants qui se soient affichés sur l'écran de mon mobile ! Il émane d'un skipper français pris au piège du cul-de-sac des Seychelles, comme une douzaine de ses compatriotes, et qui a choisi de quitter ce petit paradis tropical malgré les menaces de mauvaises rencontres. La dernière capture de pirates (11) a en effet été effectuée le 4 mai à 30 milles de Mahé et 5 milles de la Digue, soit quasiment à portée de vue de la plage Anse Source d'Argent, symbole touristique local par excellence avec son sable fin, ses blocs de granit poli et ses eaux turquoise...

Cette capture fait suite aux diverses attaques qui se sont déroulées tant au Sud-Sud-Ouest, à l'Ouest et au Nord de cet immense archipel. Certaines ont été repoussées, comme celle du paquebot italien Melody, par les gardes armés du bord le 27 avril. D'autres, dont celle de l'Indian Ocean Explorer proche de l'île d'Aldabra, ont conduit à la capture de dix marins seychellois, retenus dorénavant en Somalie.

Du coup, quatre équipages, dont deux voiliers, bloqués à Victoria, se sont regroupés et ont formé un convoi, escorté par la Marine seychelloise contre un dédommagement de 34 000 dollars. Au moteur par tout petit temps, ils sont partis le 11 mai, cap au Sud-Est, et se sont séparés deux jours et demi plus tard, qui vers Phuket, Maurice ou Madagascar.

Quant aux autres navigateurs - comme l'auteur du sms cité au début de cet article et qui, après avoir été brièvement embastillé pour cause de non-déclaration de possession d'armes, a regagné son bord -, ils attendent. Quoi ? Du vent, tout simplement. Qui est d'ailleurs en train d'arriver avec l'établissement de la mousson de Sud-Est. Dans quelques jours, les 15-20 noeuds annoncés permettront aux voiliers de naviguer au près ou au bon plein vers la Réunion, Mayotte ou Madagascar, alors que les barques des pirates seront bien à la peine pour négocier la mer du vent...