Les cinquantièmes, Ushuaia, la Terre de Feu, les canaux de Patagonie, la Péninsule Antarctique. Un voyage en Amérique du Sud et le hasard du bateau-stop m'ont poussée vers le Sud. Le Grand Sud. Six mois, bonnet vissé sur la tête, dans des territoires aussi sauvages que somptueux, où le vent fait ce qu'il veut. Après cinq mois d'escapade Sudiste, il est temps pour moi de remonter. Ce sera côté chilien, par les canaux de Patagonie. Un immense labyrinthe aquatique, à géométrie et accessibilité variables. Là où l'on ne croise personne. Inoubliable.
Note :
Au Sud du Chili, la côte est fendillée par ces canaux pour lesquels une vie d'exploration ne suffirait pas. Un territoire à tel point découpé qu'il n'y a pas de route dans cette partie du pays. Les habitants de Punta Arenas doivent sortir du Chili et passer par l'Argentine pour aller plus au Nord.
Photo © Google Maps (2010)
<Je viens de les descendre, moi, ces canaux de Patagonie. En trois semaines à peine ! Et bien franchement... tu fais des milles et des milles pendant ses semaines et au final, le mieux, c'est le canal Beagle à la fin !> Un gros catamaran flambant neuf vient de s'amarrer au ponton d'Ushuaia. Capitaine et embarcation détonnent un peu sur le frêle ponton. Mais c'est vrai, on a le droit de ne pas les aimer, ces canaux. Ils font tout pour. Balisage quasi-inexistant, nature sauvage et inhospitalière, pas un village, pas un être humain, pas un café du port et un ciel presque constamment chargé. Il y a de quoi les détester.
Et pourtant. Difficile de ne pas les aimer. Parce qu'ils fascinent. Terriblement. Ça ne s'explique pas. Apprécier les canaux, ce n'est pas une question de paysages. C'est plutôt une histoire d'atmosphère. Ces canaux-là ne se visitent pas. Ils se vivent. Deux mois minimum, si l'on veut réellement s'en imprégner. Et même trois, voire plus, pour les puristes. <Nous, de Puerto Montt à Ushuaia, on a mis quatre mois pour les descendre. Mais bon, faut vraiment s'aimer pour tenir tout ce temps sur un bateau juste à deux, les yeux dans les yeux...> me lance Laurent, arrivé quelques jours plus tôt à Ushuaia. Je le regarde, lui et sa compagne. C'est bon, ils ont l'air de toujours s'aimer...
C'est le début du voyage. Un paysage classique dans un Beagle jalonné par les glaciers... (Cliquez sur les illustrations pour les agrandir).
Photo © Anne Recoules
Pour ma part, je vais les remonter. Nous serons six, à bord de Santa Maria Australis, beau voilier de 66 pieds qui fait du charter dans la région. Le propriétaire me propose de rejoindre l'équipage afin de convoyer le bateau jusqu'à Valdivia, au-dessus des îles Chiloé, au centre du Chili. Plus de 1 400 milles au Nord. En trois semaines. C'est court. Pas le temps de se perdre dans les méandres des chenaux. Car là est le plaisir de ces canaux. Explorer. Se perdre. Pointer le bout de l'étrave dans des passages inconnus. Tenter. Rebrousser chemin. Persévérer. Trouver le mouillage isolé parfait. Et s'en délecter.
Règle n°1 : Le vent dans le nez toujours tu auras, l'approche des glaciers bientôt tu reconnaîtras.
Nous partons plein Ouest d'Ushuaia. Avouons-le tout de suite : le moteur est constamment en route. Et le vent, invariablement, dans notre nez. Pas moyen de tirer des bords pendant des semaines. Vent debout et moteur zélé, telle est la loi de la remontée.
Le canal Beagle en prologue, nous commençons par longer <l'avenue des glaciers> : Francia, Alemania, Romanche, Garibaldi... ils se succèdent, tantôt sur la rive Nord, tantôt sur la Sud. Ils s'écoulent directement dans la mer, à la manière d'une lave blanche et gelée. Légère bifurcation, nous nous approchons. L'eau devient laiteuse et revêt une couleur inhabituelle, turquoise délavé. Chaque fois que nous la verrons, nous saurons qu'un glacier n'est plus très loin. Et il y en a, des glaciers sur notre chemin. Même après avoir quitté le Beagle. Toujours plus beaux, toujours plus impressionnants.
Voici l'une de nos rapides escales, au long de ce périple. Mais ne vous fiez pas à la photo, le voilier est à un demi-mille du glacier. Et même à cette distance, les gros de blocs de glace qui s'effondrent provoquent une onde qui vient bousculer le bateau...
Photo © Anne Recoules
Règle n°2 : De la nuit et des criques, tu te méfieras.
<J'aime pas naviguer la nuit, surtout ici. Y a quasiment pas de feux, la navigation est vraiment pas évidente. Mais il n'y a pas le choix...> soupire Jorgen, les yeux rivés sur le radar. 19 heures, nuit noire. Pour aller plus vite, le capitaine a décidé naviguer non-stop les trois premiers jours. En doublant le détroit de Magellan où le trafic des cargos et des pêcheurs est important, ils restent encore quelques feux. Mais ensuite, plus rien. Cette fois-ci, les canaux sont bien devant nous.
<A partir de demain, plus de nav' de nuit, il n'y a plus de balisage. Alors on se lève à 6 heures pour partir dès qu'il fait jour et on avance au max avant la tombée de la nuit>. Il faut optimiser. Chaque journée est prétexte à faire un maximum de distance. Nous avalons donc les milles et élisons chaque soir une nouvelle caleta où jeter l'ancre.
Et ici, il faut choisir judicieusement ses mouillages. Car si la Bible des canaux de Giorgio Ardrizzi et Mariolina Rolfo (<Patagonia & Tierra del Fuego Nautical Guide>) compile une liste quasi-exhaustive des caletas praticables - croquis à l'appui -, la fiabilité du mouillage dépend des circonstances. L'une semble parfaite sur le papier mais nous ne l'atteindrons pas avant la tombée de la nuit. L'autre, avec ce vent, n'est pas assez sûre. Celle-ci n'a pas d'arbres ou de rochers assez solides pour s'amarrer. Celle-là nous écarte trop de notre route...
Naviguer dans les canaux est un casse-tête quotidien. Mais un casse-tête salutaire, qui nous oblige à anticiper, plus que jamais, sur les cailloux, les courants à la jonction de deux canaux, les grains qui réduisent notre visibilité, les williwaws (vents catabatiques) qui nous tombent dessus sans prévenir, la houle qui se lève, la possibilité d'un refuge ou l'accessibilité d'une crique ou encore la présence du kelp (longues algues laminaires qui peuvent étouffer n'importe quelle hélice). Chaque nouveau canal est un univers. Ils se suivent et ne se ressemblent pas toujours. Ils ont leurs particularités. Et leur caractère bien affirmé.
Photo rare dans les canaux de Patagonie : deux bateaux à couple ! Lassé de tirer des bords, l'équipage de Rébellion se fait tracter par nos soins pendant quelques jours... le temps pour eux de sécher leurs affaires au-dessus du poêle de Santa Maria Australis !
Photo © Anne Recoules
Règle n° 3 : Une région sauvage tu appréhenderas.
Je vous l'ai dit, c'est un véritable labyrinthe. Des milliers de kilomètres de canaux. Quelques larges chenaux principaux et tous ces autres, autour, qui empruntent des chemins sinueux, s'étirant sur les côtés comme les branches d'un arbre, faisant apparaître sur la carte une géographie aux ramifications bleues et salées. Des couloirs d'eau qui se terminent généralement en cul-de-sac, un cirque végétal ou un glacier comme point final. Et tout autour, des collines et des montagnes, recouvertes d'une végétation foisonnante et désordonnée : denses forêts, mousses, arbustes et buissons épineux. Un puzzle d'îles, éparpillées, suffisamment proches pour ne pas donner l'impression d'en être, suffisamment éloignées pour nous laisser passer. Une nature qui ne cherche pas à vous séduire. Sans apparats. Une beauté brute. Qui se révèle à nos yeux sublime.
Peut-être est-ce le fait de se sentir ainsi coupés du monde qui nous embarque, de se dire que l'air n'a jamais été aussi pur à nos poumons et que l'on en oublie les contingences du monde <réel>, mais nous sommes ici et pas ailleurs et cela, nous le savourons pleinement.
Le choix d'un arbre pour s'amarrer fait chaque jour l'objet d'un méticuleux repérage avant de tirer les aussières à terre. Il doit être ni trop haut ni trop bas, suffisamment costaud et accessible. Il faut parfois s'enfoncer entre buissons et arbustes pour trouver l'arbre adéquat !
Photo © Anne Recoules
Règle n°4 : Rares sont les êtres humains que tu croiseras.
Après dix jours de navigation, la seule présence humaine que nous détectons sont ces cargos que nous croisons, rapidement. Et encore, si nous les voyons, c'est parce que nous restons dans le chenal principal. Car une fois dans les canaux transversaux, il n'y a plus personne.
Ah, si. Un petit voilier. A peine 9 mètres. A son bord, Paul et Mélanie. Ils sont partis il y a deux mois d'Ushuaia. Nous, dix jours à peine. Et nous voici au même point. Nous n'avons ni le même rythme, ni la même embarcation. <On tire des bords en permanence, ça n'en finit plus. Certains soirs, quand je regarde le livre de bord, je vois qu'on a fait à peine 10 milles dans la journée... y a des jours, j'en vois pas le bout !> soupire Mélanie, qui fait ici son baptême de croisière. Dans les canaux de Patagonie. Sur une coque de noix. Et sans chauffage. Pour se consoler, elle se dit qu'après ça, elle pourra naviguer n'importe où...
Nous croisons aussi un bateau de pêche. Encore trempés, les pêcheurs remontent tout juste d'une plongée. Pas de bouteilles sur le pont. Juste un long tuyau, relié à un compresseur. <Ah ben oui, on plonge avec ça... et ça marche très bien, vous savez ! On peut plonger jusqu'à 20 mètres et pendant plusieurs heures !> Avec cette température ? <Oh, ça va, l'eau est entre 6 et 9°C... Vous savez, avec le temps, on finit par s'habituer !> s'esclaffent-ils, tout en vidant le contenu d'un seau dans notre annexe. A nos pieds trônent désormais un beau tas d'oursins et quelques centollas (araignées de mer, courantes en Patagonie, voir les articles précédents), qui étendent leurs pattes rouges avec lenteur sur le plancher du pneumatique. Nous en mangeons pendant deux jours. Tout cela en échange de quatre paquets de cigarettes et deux boîtes de gâteaux. Un prix imbattable.
Mais d'où vient cette couleur ? De l'eau qui s'écoule de la fonte des glaces, chargée en sédiments minéraux. Ceux-ci restent en suspension et se déposent ensuite lentement au fond de l'océan. Certains appellent cela le
Règle n° 5 : De la fin tu te méfieras.
Il nous reste une semaine de navigation. Dont le golfe de Peñas à passer - le golfe des Peines. Mer ouverte, vents violents et houle traîtresse sont généralement au programme de sa traversée. Son passage est redouté. Et savamment anticipé par les marins prévenants. Pour nous, il représente la sortie des canaux. Après le Golfe, nous longerons la côte chilienne au large des îles Chiloé, pour atteindre ensuite Valdivia. Et curieusement, tout se passe pour le mieux dans le golfe.
Trop beau pour être vrai car c'est à sa sortie que nous subirons, a posteriori, sa réputation. Vent de face, 50 noeuds, rafales à 60, forte houle. Le bateau gîte brusquement, les voiles sont affalées. Nous sommes dans le Pacifique et plus de canaux pour nous abriter. La proue tape, quatre jours durant, sur les vagues. Jour et nuit, nous enchaînons les quarts au gré des nausées, dans ce bateau qui n'est plus si confortable. On n'allait pas s'en tirer comme ça, c'était trop simple. Il fallait bien marquer le coup. C'est fait. Nous sommes rincés. Ce n'étaient que quatre jours, mais cela a suffi pour nous rappeler que l'on ne sort pas des canaux sans quelques égratignures... qui cicatriseront vite à Valdivia où, pour la première fois depuis des mois, je déjeune sur le pont en tee-shirt et chaussons, lunettes de soleil sur le nez.
Six mois. Toutes ces navigations dont je vous ai parlé (les liens sont à la fin de cet article) se sont déroulées en six mois. D'une embarcation à l'autre, vers le Sud. Toujours plus au Sud. Rien de prévu. Que de l'imprévu. En partant de France, je pensais voyager six mois en Amérique du Sud. Je suis rentrée quinze mois plus tard. En quittant Buenos Aires à bord d'un voilier, je pensais rester un mois ou deux en Patagonie. J'y ai séjourné six mois. En larguant les amarres au ponton d'Ushuaia, j'espérais rester un mois en Antarctique. Mieux encore, j'en ai pris pour deux mois. En prenant mon avion pour rentrer en France, je pensais quitter l'Amérique du Sud. Mais à l'écriture de ces lignes, je me rends compte que j'y suis encore. Et pour un moment.
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POURQUOI PAS VOUS ?
<La première fois que j'ai navigué dans les canaux de Patagonie, c'était il y a quinze ans et dans mon petit voilier j'avais pas de chauffage. Je veux bien repasser trois mois dans les canaux, mais plus jamais sans chauffage !> Voici ce que m'a dit Wolf, qui gère sa petite société de charter dans le coin depuis plus de dix ans. Avant de partir, soyez donc prévenus : dans les canaux de Patagonie, outre le vent, les courants et le temps, votre pire ennemie sera l'humidité. Si vous vous sentez apte à affronter tout cela, à entreprendre des balades à terre qui ne sont pas toujours évidentes (terrain irrégulier, pas de sentiers, dénivelés) et que vous êtes en bonne forme et bien couvert, alors vous êtes prêts pour les canaux !
> Quelle est la meilleure saison pour naviguer ?
- L'été, tout en sachant que dans l'hémisphère Sud, les saisons sont inversées par rapport à nos latitudes. La plupart des voiliers de charters partent dans les canaux de Patagonie, approximativement, d'octobre-novembre à avril-mai.
- Côté températures, on oscille entre quelques degrés au-dessus de zéro et jusqu'à 20-25°C environ. Restons approximatifs : là-bas, le temps est très variable et peut changer en quelques minutes. N'oublions pas la sensation de vent, qui peut vous faire perdre une dizaine de degrés d'un simple souffle. L'été, celui-ci est très variable et peut monter d'une vingtaine de noeuds en très peu de temps. Les coups peuvent être violents quand on n'est pas abrités dans les canaux. Et sachez qu'il pleut régulièrement. Pas forcément de gros grains, mais une bruine régulière, qui s'infiltre insidieusement et vous trempe les os, sans en avoir l'air...
> Avec quel équipement ?
- Pour commencer, quel que soit le temps, on part avec un tube de crème solaire. La couche d'ozone est très mince au-dessus de la Patagonie. Même si dans les canaux le ciel est souvent chargé, on n'hésite pas à se tartiner.
- La règle d'or : pas de coton. <Coton kills> (le coton tue) disent les anglophones. Même les montagnards vous le diront. Le coton absorbe l'eau (transpiration), met un temps fou à sécher et vous refroidit ainsi à vitesse grand V. Alors on laisse ses vieux sous-pulls au placard et on les remplace par de la laine, de la soie ou des fibres synthétiques (polaire, par exemple).
- Pour les vêtements, on fait comme au ski : bonnet, gants, grosses chaussettes, cache-nez et caleçon en polaire.
- On applique le désormais sacro-saint <principe des trois couches> : un sous-pull, un pull et une veste. Il vaut mieux avoir trois fines couches qu'une seule trop épaisse. Le temps est très changeant et cela permet de retirer ou de remettre une épaisseur dès que les températures varient.
- Pour les couches extérieures, pour le haut, on conserve sa veste de quart. Si vous avez un (très) bon coupe-vent imperméable, ça peut aussi faire l'affaire, notamment au Nord des canaux, où les températures sont plus clémentes. Pour le bas, un pantalon ciré bien étanche reste l'idéal. L'essentiel est que vous soyez protégés de la pluie ET du vent. Surtout de la pluie.
- Pour les pieds, prenez une bonne paire de bottes. Attention car avec de simples bottes en caoutchouc, on a très vite froid aux pieds. Prenez-les une à deux pointures plus grandes pour pouvoir enfiler deux paires de grosses chaussettes. Prenez-les suffisamment hautes pour les transferts en annexe. Ici, pas de pontons et c'est le plus souvent par les grèves que vous descendrez à terre.
- Pensez aussi à une paire de chaussures de marche, pour les balades à terre. Si elles sont imperméables, c'est parfait. Ne soyez pas trop serrés dans vos chaussures et desserrez un peu les lacets, si besoin. Sinon vous allez transpirer et, par conséquent, avoir très rapidement les orteils gelés...Croyez-en mon expérience !
> Avec quelles agences et quels voiliers de charter ?
Petits ou grands, à quatre ou à quinze, nombre de voiliers proposent des croisières - en majorité d'une à trois semaines - dans les canaux de Patagonie. Certains voyages sont couplés avec une visite du cap Horn, d'autres se concentrent uniquement sur les canaux. On peut naviguer dans les canaux de Patagonie du Nord vers le Sud ou vice-versa.
Dans le canal Beagle, l'équipage est aux premières loges pour contempler les parois abruptes de la cordillère Darwin et les glaciers qui tombent dans ce bras de mer.
Photo © D.R. (L'Esprit d'Equipe)
Certains voiliers proposent la descente entière vers le mois d'octobre (compter au minimum quatre semaines), généralement au départ du port de Puerto Montt, au Chili. D'autres font la remontée totale, à partir d'avril ou mai. Mais vous trouverez surtout des voiliers qui proposent une petite partie des canaux, le plus souvent au départ d'Ushuaia (certaines étapes peuvent également se faire depuis Puna Arenas, au Sud de la Patagonie chilienne - mais c'est moins courant).
Bref, vu le nombre de bateaux de charter dans le coin, l'offre est variée et vous ne devrez pas avoir trop de mal à trouver la formule qui vous convient le mieux. C'est juste une question de prix...
Sinon vous pouvez, comme moi, tenter le bateau-stop depuis le ponton d'Ushuaia pour monter ou, pour descendre, à la marina de Puerto Montt. Mais si vous êtes restreint dans le temps ou avez un avion à prendre, ce n'est pas la meilleure solution car vu l'isolement des canaux et l'imprévisibilité de la météo, rien ne vous garantit d'être revenu à temps...
Pour ceux qui ne disposent que d'une courte période et préfèrent préparer le voyage à l'avance, voici une sélection de sites où vous devriez trouver votre bonheur :
- Grand Nord Grand Large (www.gngl.com) : spécialisée dans les navigations australes, l'agence dispose de quelques voiliers qui naviguent entre le Cap Horn et les canaux de Patagonie.
- Navegar al Sur (www.auguinchristophe.com) : Christophe Auguin, grand marin de la course au large (vainqueur de trois courses en solitaire, dont le Vendée Globe 96/97) propose des navigations dans la région et vers les glaciers.
- Aventure Voyage (www.aventurevoyages.com/patagonie/bateaux.html) : un site qui regroupe plusieurs voiliers naviguant dans la région - certains depuis plus de dix ans -, dont le fameux Kotick de Claudine et Alain Caradec.
- Club Croisière Aventure (www.club-croisiere.com) : ce site rassemble quelques beaux voiliers qui naviguent dans la région et les canaux.
> Comment y aller ?
- Pour la remontrée, les voiliers de charter partent majoritairement d'Ushuaia, en Terre de Feu. Il n'y a pas de vols directs entre la France et Ushuaia. Le mieux est de prendre un vol Paris-Buenos Aires (parfois avec escale), puis un vol interne Buenos Aires-Ushuaia. Les deux principales compagnies argentines, Aerolineas Argentinas (www.aerolineas.com.ar) et LAN Argentina (www.lan.com) proposent des vols réguliers.
- Pour ceux qui descendent et partent de Puerto Montt, au Chili, même schéma. Les compagnies LAN Chile (www.lan.com/fr) et Ibéria (www.iberia.fr) proposent des vols Paris-Puerto Montt avec escales à Madrid puis Santiago du Chili. Ensuite, il faut prendre un vol interne avec LAN Chile.
A savoir : les compagnies argentines et chiliennes pratiquent des tarifs <nationaux> et <étrangers>, les deuxièmes étant plus chers...
> Quelles formalités, langue et monnaie ?
- Pour les deux pays, il suffit d'avoir un passeport en cours de validité pour les ressortissants français, suisses et belges. Pas besoin de visa pour les séjours de moins de trois mois. Pas de vaccin nécessaire pour la zone.
- Langue officielle (Chili et Argentine) : espagnol (castellano)
- Monnaie : peso argentin (1 euro = 5.50141 pesos argentin) et peso chilien (1 euro = 641.176 pesos chilien)
> Que lire avant, pendant ou après la croisière ?
- <En Patagonie>, Bruce Chatwin, les cahiers Rouges, Ed. Grasset, 1977.
- <Tierra del Fuego>, Francisco Coloane, Ed. Phébus, 1993.
- <Je me souviens de hommes>, Gildas Flahault, Ed. Jalan, 2005 (magnifique carnet de voyage, du Horn à Valparaiso en passant par les canaux de Patagonie en solitaire, écrit et dessiné par le peintre-navigateur)
Auteur controversé, Jean Raspail a écrit quelques ouvrages sur la région et les canaux. Que l'on aime ou non le personnage et ses idées, il faut reconnaître que ses récits relatent bien l'atmosphère de ces terres australes. En voici deux :
- <Qui se souvient des hommes...>, Ed. Robert Laffont, 1986.
- <Adios, Tierra del Fuego>, Ed. Albin Michel, 2001.
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Les cinq articles précédents
Six mois en bateau-stop dans le Grand Sud (1) / De Buenos Aires à Ushuaia, ma descente vers le Grand Sud
Six mois en bateau-stop dans le Grand Sud (2) / Mes navigations en Terre de Feu : les lieux mythiques
Six mois en bateau-stop dans le Grand Sud (3) / J'ai régaté dans les 50e !
Six mois en bateau-stop dans le Grand Sud (4) / Du cap Horn aux îles Wollaston
Six mois en bateau-stop dans le Grand Sud (5) / Deux mois en péninsule Antarctique : mes coups de coeur !
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31/03/2011 - 06:04
Deux mois en péninsule Antarctique : mes quatre coups de cœur !
Les cinquantièmes, Ushuaia, la Terre de Feu, les canaux de Patagonie, la Péninsule Antarctique. Un voyage en Amérique du Sud et le du bateau-stop m'ont poussée vers le Sud. Le Grand Sud. Six mois, bonnet vissé sur la tête, dans des territoires sauvages et somptueux. Après avoir navigué le long de la côte argentine sur Persimmon, un voilier australien, le capitaine me garde à son bord : c'est décidé, on tente l'Antarctique. Deux semaines plus tard, cap Horn dans le dos, nous entamons la descente du passage du Drake. Deux mois d'émerveillement, c'est long à raconter ! Je vous raconte donc ici mes quatre coups de coeur pour le sixième continent.
08/03/2011 - 05:06
Du cap Horn aux îles Wollaston
Les cinquantièmes, Ushuaia, la Terre de Feu, les canaux de Patagonie, la Péninsule Antarctique. Un voyage en Amérique du Sud et le hasard des rencontres et du bateau-stop m'ont poussée vers le Sud. Le Grand Sud. Six mois, bonnet vissé sur la tête, dans des territoires aussi sauvages que somptueux, où le vent fait ce qu'il veut. Mais la Terre de Feu ne se laisse pas aborder aisément. Et le cap Horn, qui n'est pas loin, le sait bien. D'ailleurs, il n'est pas tout seul, ce rocher. Autour de lui, les îles Wollaston veillent au grain. A terre ou en mer, un archipel captivant dont il faut savoir se méfier. Le bout du monde, c'est ici.
12/02/2011 - 00:03
J’ai régaté dans les 50e !
Les cinquantièmes, Ushuaia, la Terre de Feu, les canaux de Patagonie, la Péninsule Antarctique. Le hasard des rencontres et du bateau-stop m'ont poussée vers le Sud. Le Grand Sud. Six mois, bonnet vissé sur la tête, dans des territoires aussi sauvages que somptueux, où le vent fait ce qu'il veut. Là-bas, on ne fait pas que des belles croisières. On régate aussi. Même quand les températures fricotent avec le 0, les plaisanciers locaux tirent des bords dans le Beagle. Entre froid, kelp et vents catabatiques...
01/02/2011 - 06:02
Mes navigations en Terre de Feu : les lieux mythiques
Les cinquantièmes, Ushuaia, la Terre de Feu, les canaux de Patagonie, la Péninsule Antarctique. Un voyage en Amérique du Sud et le hasard des rencontres et du bateau-stop m'ont poussée vers le Sud. Le Grand Sud. Six mois, bonnet vissé sur la tête, dans des territoires aussi sauvages que somptueux, où le vent fait ce qu'il veut. Après avoir longé la côte argentine, me voici en Terre de Feu. De villages isolés en bar de marins, petit aperçu des lieux mythiques des navigateurs australs.
18/01/2011 - 05:10
De Buenos Aires à Ushuaia : ma descente vers le Grand Sud
Les cinquantièmes, Ushuaia, la Terre de Feu, les canaux de Patagonie, la Péninsule Antarctique. Un voyage en Amérique du Sud et le hasard des rencontres et du bateau-stop m'ont poussée vers le Sud. Le Grand Sud. Six mois, bonnet vissé sur la tête, dans des territoires aussi sauvages que somptueux, où le vent fait ce qu'il veut. Mais avant d'y naviguer, il faut déjà s'y rendre. Pour commencer, donc, récit de la descente le long de la côte argentine, entre Buenos Aires et Ushuaia.