Actualité à la Hune

ARC 2015

Transhumance automnale

Plus grand rallye transocéanique du monde, l’Atlantic Rally for Cruisers célèbre cette année sa 30e édition de belle manière puisque 260 voiliers de grande croisière ont quitté les pontons de Las Palmas (Canaries), le 22 novembre, cap sur Rodney Bay (Sainte-Lucie).
  • Publié le : 28/11/2015 - 18:58

ARC 2015Départ dans la boucaille pour les 151 unités inscrites dans la catégorie « cruising », où les ris et les tours d’enrouleurs sont de mise.Photo @ Jean-Luc Gourmelen

Après une semaine quasi estivale passée à peaufiner la préparation de leurs bateaux et à assister aux différents séminaires, les 1 116 skippeurs et équipiers (dont 32 enfants) de l’ARC 2015 se sont fait cueillir par un joli grain sur la ligne de départ. 25 nœuds bien tassés, pluie à l’horizontale, houle déferlante de 3 mètres… Soit un joli cocktail pour se mettre dans le bain rapidement, voire partir au tas inopinément !


ARC 2015Pas de spis non plus chez les « racing » lors de ce départ sous un joli grain, qui permet à Team Brunel de prendre la poudre d’escampette.Photo @ Jean-Luc GourmelenLa ligne de départ s’étalant sur plus d’un mille, les ris étant précautionneusement pris et les spis restés au fond de leur sac, tout s’est bien passé et il n’y a pas eu de casse à déplorer lors des trois départs successifs (course, 29 ; multicoques, 20 ; et croisière, 151). Comme quoi, l’éclectisme et l’internationalisme des participants n’affectent en rien leur capacité à gérer la brise au portant !

Chiffres et statistiques

Car ceux-ci sont issus de 41 nationalités (dont l’Australie, Israël, le Pérou, la Corée du Sud et l’Afrique du Sud), alors que 30 pavillons différents flottent sur les bateaux. La Grande-Bretagne s’y taille la part du lion avec 31 % de la flotte, suivie par l’Allemagne (15 %) et la Norvège (8 %) alors que la France est représentée par neuf voiliers, soit 5 % du total. La moyenne d’âge des participants (dont 17 % de femmes) est de 48 ans, celle des skippers (dont quatre sont des femmes) est de 52 ans, et 32 participants ont plus de 70 ans. Pour ce qui est des bateaux, le plus petit est Inua, un Hallberg-Rassy 310 (9,40 mètres) norvégien, et le plus grand Farfalla, un monocoque de charter de 31,7 mètres construit par Southern Wind en 2014 et immatriculé à Malte. Du coup, la moyenne des longueurs hors tout déclarées se situe à 15,29 mètres, avec 15 % des bateaux en dessous de 12,20 mètres, 43 % entre 12,20 mètres et 15,30 mètres et 42 % entre 15,30 mètres et 18,30 mètres. Sur le plan des constructeurs, 77 marques sont représentées, et Bénéteau fait la course en tête avec 21 unités chez les monocoques, comme Lagoon avec 15 multicoques. Enfin, le record à battre sur les 2 700 milles de cette transat est détenu, depuis 2014, par le Farr 100 Leopard of Finland en 8 jours, 14 heures, 39 minutes et 51 secondes. Mais, vu les prévisions météo au départ, la majorité des participants devraient traverser entre 18 et 21 jours.

Cap à l’Ouest

ARC 2015Avec l’ami Fabian à la barre, le Neel 45 Caravelle n’a laissé aucune chance aux 19 autres multicoques en tirant un bord au ras de la digue de Las Palmas.Photo @ Jean-Luc GourmelenChez les multicoques, c’est le Lagoon 450 El Viajero – seul à battre le pavillon mexicain à sa poupe -  qui est parti le premier. Il a vite été rattrapé par le Neel 45 La Caravelle, qui caracole toujours en tête après cinq jours de mer et à près de 9 nœuds de moyenne, suivi par l’Outremer 51 Wanderer, le Salina 48 My Cherie Amour et encore un Outremer 51, Kalisea.

Dans la catégorie Racing B, l’Oyster 48 Scarlet Oyster navigue devant après un départ canon, suivi par quelques Grand Soleil et Swan, alors que Duffy (Dufour 34P) a démâté et fait demi-tour vers Las Palmas au moteur. Chez les Racing A, c’est sans surprise que le VOR 65 Team Brunel se retrouve largement en tête, avec près de 500 milles d’avance sur le second, Farfalla. S’il continue à cette vitesse (13,5 nœuds de moyenne) en tirant de longs bords de grand largue légèrement au Nord de l’orthodromie, il pourrait battre le record de l’épreuve de quelques heures. Mais l’alizé s’est beaucoup calmé et ne devrait pas dépasser 15-18 nœuds pour les 1 000 milles qu'il lui reste à parcourir…

Ce qui arrange les 151 voiliers engagés dans la catégorie cruising, qui naviguent dans un flux de Nord-Est leur permettant d’établir leurs voiles en ciseaux, voire d’envoyer les spis. Dans ces conditions de mer et de vent, on trouve un Albatros (Oyster 825) au coude à coude avec le Pogo 50 Maremosso dans la classe A, un X 562 largement en tête de la classe B, un Oyster 56 en tête de la classe C, un Discovery 58 (Aqualuna) et un Hallberg-Rassy 54 (Bluewater Mooney) qui se tirent la bourre en classe D, un Grand Soleil 52 (Antares) qui fait cavalier seul en classe E, et un Luffe 37 (Furia) en tête dans la classe F, talonné à quelques milles par Taistealai, le Centurion 40S de Chris Tibbs. Météorologue attitré de l’épreuve, dont il avait disputé la première édition en 1986 lorsqu’elle avait été lancée par Jimmy Cornell, celui-ci a embarqué un équipier de choix puisqu’il s’agit de Jeremy Wyatt, un des deux actuels organisateurs de l’ARC avec Andrew Bishop.