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Expédition

Ainsi partait Tara sous Groix !

Tara quitte Lorient samedi 5 septembre pour un tour du monde de trois ans qui - c'est une nouveauté pour le voilier polaire - passera essentiellement par les mers chaudes avec quelques incursions sous les hautes latitudes, on ne se refait pas ! Au programme, des prises d'échantillons en profondeur.

  • Publié le : 02/09/2009 - 08:00

Tara : une goélette de 36 mètres Plan de Luc Bouvet et d'Olivier Petit construit par le chantier SFCN de Villeneuve-la-Garenne en 1989 - voici vingt ans - Tara fut d'abord le voilier polaire de Jean-Louis Étienne puis le bateau d'exploration de Peter Blake. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir comme pour toutes les suivantes). Photo © Francis Latreille (Fonds Tara) Fête à Lorient le vendredi, adieux sous Groix le samedi. Ce n'est pas un nouveau proverbe de l'<Almanach du marin breton> mais le programme de la goélette Tara et de son équipage pour la fin de cette semaine (tout le menu détaillé est ici).

Un bateau confortable et chaleureux Tara peut accueillir 14 personnes en permanence dans un environnement agréable et lumineux, à l'instar de son carré. Cette transparence a d'ailleurs été l'un des problèmes à résoudre pour les mers chaudes où il faudra masquer au maximum la lumière du soleil qui était recherchée sous l'été polaire. Photo © S. Bollet (Fonds Tara) Transformée en navire d'expédition océanographique, la goélette polaire Tara repart ce samedi 5 septembre à midi de la Cité de la voile Éric Tabarly pour une nouvelle mission scientifique de trois ans et soixante escales autour du monde. Cette fois par les mers chaudes, dans un contexte bien différent des cinq cent sept jours de dérive arctique du précédent périple, même si le voilier passera en péninsule Antarctique et empruntera le passage du Nord-Ouest.

Tara Océans : un tour du monde de trois ans De septembre 2009 à septembre 2012, Tara va parcourir tous les océans de la planète - dans les mers chaudes ou froides - et y effectuer des prélèvements océanographiques ainsi que d'autres expériences scientifiques avec les nombreux spécialistes qui se succéderont à bord. Photo © Tara Océans (Fonds Tara)

Quotidiennement, l'équipage de quatorze personnes devra mettre en oeuvre vingt manipulations. Sur deux jours, le bateau alternera huit heures de stationnaire, pour des prélèvements jusqu'à trois mille mètres de profondeur, grâce à son portique arrière, et quarante heures de navigation.

Un laboratoire humide a ainsi été installé sur le pont pour stocker les échantillons récoltés, des congélateurs étant également prévus à cet effet. Une plateforme d'imagerie expérimentale permettra aux scientifiques et au public de visionner des êtres invisibles.

Un laboratoire humide sur le pont de Tara Un laboratoire humide a été installé sur le pont de Tara pour stocker les échantillons récoltés lors des sondages océanographiques. Des congélateurs sont également prévus à cet effet. Photo © S. Bollet (Fonds Tara) Spécialiste de biologie moléculaire Éric Karsenti, le directeur scientifique de l'expédition, explique que celle-ci a pour objectif de déterminer la structure des écosystèmes du plancton. < Nous découvrirons probablement quels sont les liens qui unissent les virus, bactéries, protistes et les petits métazoaires dans différents environnements marins. Les océans constituant un système communicant et ouvert on pourrait penser que tous les organismes sont partout. Clairement ce n'est pas le cas parce qu'un organisme qui migre dans un milieu défavorable est voué a disparaître. >

Éric Karsenti et Étienne Bourgois À 60 ans, Éric Karsenti (à gauche) dirige une unité du Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL) à Heidelberg (Allemagne). Il est responsable scientifique de l'expédition aux côtés d'Étienne Bourgois (48 ans), propriétaire du bateau et patron de l'entreprise agnès b. Photo © F. Aurat (Fonds Tara) L'espoir serait ainsi d'apprendre < sur la façon dont les écosystèmes planctoniques s'adaptent aux changements climatiques. Étant donné qu'ils sont à la base de la chaîne alimentaire nous pourrons peut-être prévoir comment les écosystèmes constitués d'organismes microscopiques affecteront le climat en produisant plus ou moins d'oxygène et en absorbant plus ou moins de CO2. >

La timonerie : bien équipée avec vue dégagée Conçue pour naviguer à l'abri dans les mers polaires, la timonerie de Tara - entièrement vitrée - aura bien besoin du ventilateur qui sera sans doute un peu juste pour refroidir toute l'électronique embarquée et l'équipage... Photo © Francis Latreille (Fonds Tara) Avec les données quantitatives recueillies dans le monde entier sur la composition en organismes des écosystèmes pélagiques, cela permettra la construction de modèles mathématiques pour tenter de prévoir l'évolution de ces écosystèmes en fonction des changements environnementaux.

Ces données seront envoyées aux laboratoires à terre par Inmarsat Fleet Broad Band, comme les films produits pour la télévision, < Thalassa > étant partenaire de l'expédition. On pourra suivre celle-ci sur le site de Tara Océans et sur le site de <Voiles & voiliers> qui rendra compte des temps forts.

Tara en chiffres et en lettres :

Chantier : SFCN à Villeneuve la Garenne
Architectes : Bouvet et Petit
Propriétaires précédents : Jean-Louis Etienne et Sir Peter Blake
Pavillon : Français (Registre international français)
Classification : Bureau Veritas - 1 3/3 (E)
Longueur : 36 mètres
Largeur : 10 mètres
Tirant d'eau : 1,50 mètre - 3,50 mètres
Poids : 120 tonnes
Matériau de la coque : Aluminium
Mâts : 2 de 27 mètres
Voilure : 400 mètres carrés
Propulsion : 2 x 350 chevaux
Energie : 2 x 22 kW et 1 x 40 kW (Norme "Environmental Protection Agency")
Dessalinisateur : 300 litres/heure
Réservoir de fuel : 40 000 litres
Réservoir d'eau : 6 000 litres
Réservoir d'eaux usées : 7 000 litres
Couchage : 14
Autonomie : 5 000 milles Système énergie éolien de 3 kW
Moyens de communication : Eutelsat, Fleet Broad Band, Radio HF, Standard C
Météo : Station Bathos II Météo France, thermosalinomètre
Océanographie : Treuil océanographique de 3 000 m
Science : Cabine dédiée microscopie et informatique, laboratoire humide
Matériel : Compresseur de plongée et matériel pour 4 personnes, 2 semi-rigides de 30 et 40 CV
Chauffage : Chauffage central, isolation de 150 mm en polyuréthane
Traitement des ordures : 1 broyeur et 1 compacteur de déchets
Port de rattachement : Lorient

L'équipe internationale sera constituée de 14 personnes réparties en 7 cabines. Les rotations d'équipage auront lieu tous les 3 mois, celle des scientifiques auront lieu tous les mois.

L'équipage :

- Le capitaine
- Le second
- Le chef mécanicien
- L'officier de pont
- Le cuisinier

Les scientifiques :

- Le Chef scientifique
- L'ingénieur de pont
- L'ingénieur imagerie
- Post-doctorant
- Doctorant

Les communicants :

- Journaliste embarqué
- Réalisateur
- Chef Opérateur
- Assistant Opérateur