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Environnement

Du mercure dans l'Arctique !

Une mission de sensibilisation aux conséquences d’une pollution environnementale au mercure est en cours en Méditerranée. Menée à bord d’un Gin Fizz, elle a successivement fait escale à Marseille, aux Embiez, à Cannes, à Porquerolles et à Saint-Tropez Villefranche-sur-Mer, retour a Marseille et puis La Ciotat pour la fête de la science.
  • Publié le : 19/09/2017 - 16:47

AM2Les promoteurs de AM2 ont fait escale aux Embiez, à Cannes (notre photo), Porquerolles, Saint-Tropez pour s’achever actuellement à Villefranche-sur-Mer.Photo @ Loïc Madeline

L’idée ? Expliquer comment le mercure, présent dans l’eau de mer à très faible concentration/niveaux, peut se retrouver à des taux inquiétant chez des poissons que nous sommes susceptibles de consommer, comme le thon. C’est ce que l’on appelle le facteur de bio-magnification, qui peut multiplier par 50 millions cette concentration/niveaux, le thon étant un poisson prédateur trônant en haut de la chaîne alimentaire. Le principe en Europe est qu’il convient - notamment pour les femmes enceintes - de ne pas dépasser un taux de 3,2 mg de mercure par kilo de cheveux. Ce qui veut dire que même un amateur de poisson peut encore manger trois fois par semaine une portion de thon ou d’espadon et cela sans s’inquiéter. Au Japon, les normes admissibles sont beaucoup plus élevées.


Gin FizzLa mission de sensibilisation est menée à bord de ce vénérable Gin Fizz. Photo @ DRC’est Lars-Erik Heimbürger, chercheur du laboratoire MIO à Marseille qui mène ces études sur la présence de méthylmercure (la forme la plus toxique du mercure) dans l'environnement marin. Ce chercheur du CNRS embarque à bord du Pourquoi pas ? français, ou mieux, du Polarstern allemand, un brise-glace capable de se rendre sans encombre au pôle Nord durant l’été. Ces études sont d’autant plus intéressantes qu’elles essayent de lever le voile sur ce qui pourrait se passer en cas de fonte de la banquise polaire. Lars-Erik Heimbürger espère aussi pouvoir cartographier les niveaux de mercure à travers l’Arctique afin de pouvoir déterminer les zones les plus saines pour la pêche. Ses travaux interrogent l’origine de ce mercure, une partie provenant de la combustion de charbon. Mais la concentration observée pourrait aussi être en partie due à des pollutions humaines relâchées dans l’océan glacial Arctique via de grands fleuves sibériens.

Pour connaître la présence de mercure dans son organisme, il suffit de prélever quelques cheveux, et c’est précisément ce que proposait la mission menée en Méditerranée. On peut aussi les envoyer au laboratoire marseillais MIO, sans oublier d’y joindre son adresse mail, pour connaître le résultat.

PolarsternLars-Eric Heimbürger compte pousser son travail en identifiant les dynamiques du cycle du mercure à l"occasion de plusieurs voyages sur l'océan Arctique à bord du brise-glace allemand "Polarstern" entre autres. Photo @ DR

Pour en savoir plus sur AM2, cliquez ici.
Et le site du MIO (Institut Méditerranéen d’Océanologie), ici.