Actualité à la Hune

Fin de vie de nos bateaux

Coques à la casse, ça passe !

Le plastique, c'est pas toujours fantastique ! Vous en savez quelque chose, vous qui avez peut-être une vieille annexe qui traîne ou une coque en stock qui vous encombre. Eh bien, l'Association pour la plaisance éco-responsable (APER) vient de mettre en place la filière de déconstruction des bateaux hors d'usage. Elle s'appuie sur un réseau de points conseils et sur un groupe d'opérateurs déchets. Carte détaillée et explications.

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  • Publié le : 27/02/2010 - 00:12

La mort dans l'âme Ce n'est généralement pas de gaieté de coeur qu'on se sépare de son bon vieux voilier. L'APER propose aujourd'hui une filière de déconstruction qui respecte les normes environnementales et qui sera une bien meilleure solution que l'abandon sur les bords d'une rivière. Photo © Dr/Aper La fin de vie des bateaux de plaisance est un problème récurrent depuis plusieurs années. Pour des raisons évidentes de lutte contre les pollutions, la solution passe par une filière spécialisée capable de retraiter tous les déchets dans le respect de l'environnement. Après plusieurs tentatives menées par la Fédération des Industries Nautiques, il semble qu'aujourd'hui les choses soient effectivement en place.

Créée en février 2009 grâce au parrainage du ministre d'État, Jean-Louis Borloo et du président de la Fédération des industries nautiques, Jean-François Fountaine, l'Association pour la plaisance éco-responsable (APER) est une structure ayant pour but d'organiser et d'animer la filière de déconstruction des bateaux de plaisance hors d'usage (BPHU) ainsi que le retraitement des déchets issus de l'ensemble des activités du nautisme. La France est ainsi le premier pays européen a se doter d'une telle structure.

13 points conseils sur nos côtes

Concrètement, les propriétaires d'un bateau arrivé en fin de vie peuvent s'adresser à l'un des treize points conseils mis en place sur l'ensemble du littoral métropolitain (voir la carte ci-dessous). Là, ils trouveront toutes les informations pour organiser la déconstruction et procéder à la radiation de l'immatriculation. Une fiche d'identification prenant en compte toutes les caractéristiques du bateau est établie. Adressée aux opérateurs déchets les plus proches géographiquement, cette fiche va permettre d'établir un devis comprenant le coût du transport et de la déconstruction.

Ces opérateurs déchets sont des entreprises spécialisées qui répondent à un cahier des charges précis et respectueux de la législation en matière de protection de l'environnement. À ce jour, 27 centres répartis sur l'ensemble du territoire, remplissent les critères définis par le cahier des charges.

Le réseau des point conseils APER L'APER vient de mettre en place un réseau de points conseils (des professionnels de la plaisance déjà présents sur les ports) où pourront s'adresser les candidats à la déconstruction de leur bateau. (Cliquez sur l'illustration pour l'agrandir). Photo © Jean-Louis Guéry Un coût non négligeable

Si, comme semble le proclamer l'APER, la filière de la déconstruction est aujourd'hui en place, il demeure tout de même un sérieux problème : le coût de l'opération. Car pour le moment, il est entièrement à la charge du propriétaire. Eric Leclère, responsable de l'APER à Caen, reste sur le sujet très évasif. Chaque bateau à déconstruire est un cas d'espèce et dépend de l'état général du bateau, des matériaux, des équipements restant à bord, de sa localisation géographique...

Si l'on prend l'exemple d'un voilier de 6,50 mètres partiellement désarmé et situé sous hangar quelque part en Bretagne on peut estimer que le coût de la déconstruction, transport compris, s'élèvera à un peu plus de 1200 euros (hors taxes).

Pour des unités plus importantes, ou pour des bateaux ayant encore à bord des déchets à risque (batterie, carburant, huile...) la facture risque d'être encore plus élevée. Pas sûr dans ces conditions que les plaisanciers acceptent aussi facilement de faire cet effort. L'avenir le dira, mais il semble d'ores et déjà indispensable d'envisager des aides ou des incitations financières dans la mesure ou, contrairement à d'autres produits de consommation, il n'existe en plaisance aucune taxe d'écoparticipation permettant de financer tout ou partie de la déconstruction.

Entrer en contact avec l'APER

L'APER s'est doté de moyens d'informations afin de répondre aux questions des plaisanciers. Ainsi, le site Internet présente les missions de l'APER et l'organisation de la filière BPHU. Il offre aux plaisanciers la possibilité de télécharger une fiche d'identification BPHU en ligne, leur permettant de fournir de nombreux renseignements relatifs à leur bateau (localisation, type, longueur, matériaux utilisés, matériel électronique, présence de carburant...).

Parallèlement, le numéro vert 0 805 400 867 permet aux plaisanciers d'obtenir des réponses ciblées à leurs questions.

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