Actualité à la Hune

La pêche de plaisance

Dans les filets d’une nouvelle réglementation

En cette fin d'été, il est une actualité brûlante pour les traîne-cailloux, amateurs de bars ou de maquereaux et autres passionnés de leurres, cannes et moulinets, celle d'un projet de nouvelle réglementation de la pêche de loisirs.

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  • Publié le : 13/09/2009 - 08:20

La pêche de loisir ferrée par la réglementation A la traîne, à la canne, à pied ou aux engins, la pêche de loisir est sous le coup d'une nouvelle réglementation qui devrait voir le jour au cours de l'année 2010. Photo © François-Xavier Ricardou A la suite du Grenelle de l'environnement et de celui de la mer, l'État entend mieux encadrer la pêche récréative. Un projet qui risque de bousculer les habitudes de plus de 2,4 millions de pratiquants.

Les associations se mobilisent La Fédération française des pêcheurs plaisanciers n'a pas attendu la mise en appliaction de la nouvelle réglementation pour mobiliser ses adhérents. Photo © D.R. La pêche de loisir qui se pratique sur le domaine public maritime connaît depuis quelques années un fort développement. Il suffit de se promener sur l'estran un jour de grande marée pour s'en rendre compte : la pêche, sous toutes ses formes, est une activité très prisée par les populations locales, les plaisanciers et par les vacanciers... Les inévitables abus et entorses à la réglementation actuelle poussent les différentes associations de protection de l'environnement, auxquelles le gouvernement, Grenelle oblige, prête une oreille attentive, à militer pour un encadrement plus strict de cette pratique.

Vers une charte de la pêche de loisir

Les conclusions du Grenelle de l'environnement parlaient déjà d'une charte de la pêche à pied et de la pêche embarquée. Si, faute d'ajustements, elle n'a jamais vu le jour, le Grenelle de la mer a repris l'idée à son compte. Dans son engagement 25, il prévoit la mise en place d'une charte de la pêche de loisir avec un suivi de deux ans, la création à cette échéance d'un permis de pêche si les résultats ne sont pas satisfaisants et l'instauration de périodes de repos biologiques sur l'estran. Durant l'été, des discussions ont eu lieu au ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer.

On parle de la mise en place d'un comité de suivi permettant de recueillir les informations sur la pêche de loisir, de la redéfinition des tailles de capture, de limiter ou d'interdire la pêche de certaines espèces menacées, d'établir des périodes de repos biologique, d'imposer un marquage des poissons et de proposer une limitation des captures. Pour ce dernier point, on parle de 4 kilos par pêcheur et par jour... Les fédérations et associations de pêcheurs-plaisanciers, même si elles restes favorables à une modification de la réglementation, s'opposent à l'idée d'un permis et à l'instauration d'un quota journalier.

L'Europe n'est pas à la traîne

En 2008, une commission européenne a proposé un règlement pour préparer la réforme de la pêche dans la Communauté européenne qui devrait entrer en vigueur en 2012. Ce texte prévoit que la pêche récréative soit soumise à quotas qui viendraient en déduction des quotas imposés à la pêche professionnelle. Ce qui aura pour conséquence de dresser les uns contre les autres...

Au ministère, on temporise en précisant que ces mesures, si elles voient le jour, ne devraient concerner que les espèces faisant l'objet d'un plan de restauration des stocks, comme le thon ou le cabillaud.

La fin des belles pêches ? En plus d'un permis obligatoire qui reste à l'ordre du jour, des quotas pourraient être imposés aux pêcheurs-plaisanciers. Avec 4 kilos par jour, ce sera la fin des belles pêches. Photo © François-Xavier Ricardou
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La pêche de loisir en quelques chiffres

Coquillages (moules, huîtres, coques et palourdes) : le prélèvement est estimé entre 12 000 et 15 000 tonnes en métropole (1000 tonnes dans les DOM).
Poissons (bars, maquereaux et daurades principalement) : 11 kilos par pêcheur, soit 15 000 tonnes au total (130 tonnes dans les DOM)
Crustacés (tourteaux, araignées, homard, crevettes...) : les prélèvements sont estimés à 6 700 tonnes (160 tonnes dans les DOM).
Céphalopodes (seiches et poulpes) : 500 tonnes (90 tonnes dans les DOM).
Source : Ifremer 2005

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La réglementation actuelle

Engins autorisés par bateau :
2 palangres munies chacune de 30 hameçons au maximum ;
2 casiers ;
1 foëne ;
1 épuisette ou <salabre>.

Toutefois sont autorisés la détention et l'usage :
- de lignes gréées sous condition que l'ensemble des lignes utilisées en action de pêche soit équipé au maximum de 12 hameçons, un leurre étant équivalent à un hameçon ;
- en Méditerranée, d'une grappette à dents ;
- en mer du Nord, Manche ou Atlantique, d'un filet maillant calé ou d'un filet trémail d'une longueur maximale de 50 mètres, d'une hauteur maximale de 2 mètres en pêche, sauf dans la partie des eaux salées des estuaires et des embouchures des fleuves et rivières en amont d'une limite fixée par arrêté du ministre chargé des Pêches maritimes ;
- dans le ressort des circonscriptions des préfets des régions Bretagne, Pays de Loire et Aquitaine, sont autorisés un carrelet par navire et de trois balances par personne embarquée.

Par ailleurs, à bord des navires et embarcations de plaisance, il est interdit de détenir et d'utiliser tout vire-casier, vire-filet, treuil, potence mécanisée ou mécanisme d'assistance électrique ou hydraulique permettant de remonter les lignes de pêches ou engins de pêche à bord.


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36 cm, s’il vous plaît ! Ce joli bar, pêché en Atlantique, mesure largement les 36 centimètres imposés par la taille légale de capture : il pourra finir dans l'assiette accompagné d'un bon beurre blanc. Photo © François-Xavier Ricardou Tailles minimales des captures

Les captures - poissons, crustacés ou coquillages - doivent respecter les tailles minimales autorisées. Il peut arriver que les tailles retenues soient différentes d'une région à l'autre ; c'est pourquoi il convient de se renseigner auprès des services des Affaires maritimes.

Quelques tailles minimales légales
Rouget : 11 cm
Maquereau : 18 cm (Méditerranée), 20 cm (Manche-Atlantique)
Chinchard : 15 cm
Daurade royale : 20 cm
Sole : 24 cm
Bar : 25 cm (Méditerranée), 36 cm (Manche-Atlantique)
Sole : 20 cm
Maquereau : 18 cm
Lieu : 30 cm
Mulet : 20 cm
Homard : 8,7 cm
Tourteau : 14 cm
Araignée : 12 cm
Etrille : 6,5 cm
Crevette grise : 3 cm
Bouquet : 5 cm
Ormeau : 9 cm
Moule : 4 cm
Palourde : 4 cm
Coque : 3 cm
Praire : 4 cm


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La pêche à pied

La pêche à pied n'est soumise à aucune formalité administrative particulière, sauf pour l'usage de filet.
Il faut toutefois se renseigner localement auprès des services intéressés (mairie ou Affaires maritimes) des restrictions justifiées au regard des exigences locales telles que la sécurité des usagers des plages, la protection de la ressource et la santé publique.

Par exemple :
- certaines espèces sont soumises à des interdictions de pêche pendant certaines périodes ou certaines zones ;
- le ramassage des végétaux marins n'est pas libre ;
- la pêche de l'oursin est interdite sur tout le littoral de la Méditerranée du 1er mai au 1er septembre ;
- les captures (poissons, crustacés et coquillages) doivent respecter les tailles minimales autorisées.


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Les plongeurs retiennent leur souffle La plongée sous-marine n'échappe pas à une réforme de sa pratique : mise en place d'un permis, création de périodes d'interdiction, limitation des captures... Photo © François-Xavier Ricardou La pêche sous-marine

La souscription d'un contrat d'assurance en Responsabilité civile pour la pratique de la pêche sous-marine de loisir est obligatoire. Il faut avoir au moins 16 ans pour pratiquer. Une déclaration d'activité auprès des Affaires maritimes est nécessaire dans le cas où le pratiquant n'est pas affilié à une fédération sportive agréée pour la pratique de cette activité.

Il est interdit aux pêcheurs sous-marins :
- d'exercer la pêche sous-marine entre le coucher et le lever du soleil ;
- de s'approcher à moins de 150 mètres des navires ou embarcations en pêche ainsi que des engins de pêche signalés par un balisage apparent ;
- de capturer les animaux marins pris dans les engins ou filets placés par d'autres pêcheurs ;
- de faire usage d'un foyer lumineux ;
- d'utiliser, pour la capture des crustacés une foëne ou un appareil spécial pour la pêche sous-marine ;
- de tenir hors de l'eau un appareil spécial pour la pêche sous-marine.

Par ailleurs, il est interdit de chasser en plongée avec bouteilles.
Tout pratiquant doit signaler sa présence au moyen d'une bouée et d'un pavillon réglementaire permettant de repérer sa position.

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