Actualité à la Hune

Pédagogie transatlantique

Maman, les petits bateaux ont bien des jambes !

Au printemps dernier, cinq mini-voiliers étaient largués outre Atlantique dans le cadre d'un projet éducatif d'étude des vents et des courants océaniques. Sept mois plus tard, l'un d'entre-eux est en approche de la pointe de Bretagne. Comme s'il n'y avait pas assez d'OFNI à éviter en mer...

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  • Publié le : 09/01/2010 - 07:16

Cinq coques de noix suivies à la trace. Le suivi à la trace des cinq coques de noix est assuré via des balises GPS, avec les données d'un certain nombre de partenaires océanographiques et une cartographie. Photo © Maine Maritime Academy Si les géants du Trophée Jules Verne finissent par profiter de l'ouverture d'une bonne fenêtre météo, Banque populaire 5 et Groupama 3 devront faire attention à Uber Sail. Quèsaco ? Il s'agit de l'un des cinq mini-voiliers largués outre Atlantique, le 8 juin dernier, à 536 milles au Sud de Saint-Jean-de-Terre-Neuve. Sept mois plus tard, le 8 janvier, il était à 139 milles dans l'Ouest de Brest.

Essais sur la côte du Maine en avril 2009. En avril 2009, des essais ont été effectués dans le Maine avant le lancement dans le grand bain en mai et juin. Photo © Maine Maritime Academy Initié par <Educational Passages>, ce projet <2009 Atlantic Passages> a été mené par la Maine Maritime Academy, une grande école de l'État du Maine (Nord-Est des États-Unis) qui forme aux métiers de la mer, notamment dans les secteurs de la Marine marchande, de l'ingénierie, des sciences et des techniques. Disposant du grand navire TS (Training Ship) State of Maine pour ses formations embarquées, c'est dans le cadre de celles-ci que les cinq petits bateaux, armés par des écoles américaines et équipés d'une balise de suivi par GPS, ont été lancés en mai 2009, très loin au large du Canada.

Une balise embarquée dans une coque d’un mètre. Le personnage donne ici l'échelle des modèles réduits qui mesurent près d'un mètre de long. Photo © Maine Maritime Academy Ces modèles réduits mesurent environ un mètre de long. Ils sont équipés d'une minuscule voile de portant, tout à l'avant, leur dérive étant influencée par le vent et non seulement par le courant. La trace d'Uber Sail ces derniers jours témoigne de la difficulté à gagner le continent européen quand le froid sibérien règne sur celui-ci et que des vents d'Est à Nord-Est repoussent vers le large...

Lancement à bord du TS State of Maine. Les lancements ont eu lieu en mai et juin 2009, à bord du TS State of Maine, au cours de la campagne de formation embarquée de la Maine Maritime Academy. Photo © Maine Maritime Academy Le projet vise également à mettre en contact - sur le principe des bouteilles à la mer sauf qu'ici, elles sont suivies par satellite - des écoles américaines avec des homologues européennes... voire antillaises, vu la trajectoire de certains bateaux. Ces écoles sont invitées à accueillir les petits bateaux pour qu'ils ne s'échouent pas dans le parfait anonymat.

Une approche difficile. Les vents d'Est à Nord-Est compliquent l'approche de la pointe de Bretagne. Ces derniers jours, Uber Sail a surtout reculé ! Photo © Maine Maritime Academy Un gros bémol tout de même à cet enthousiasme éducatif. N'y a-t-il pas largement assez de bouées dérivantes à suivre pour avoir besoin d'ajouter des coques de noix, certes petites et d'un déplacement faible... mais suffisant pour endommager un bateau de pêche ou de plaisance ? Alors qu'il y a déjà tant d'objets flottants non identifiés qui menacent nos navigations !

Le suivi est ici.

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