Actualité à la Hune

Phares normands

Trois nouveaux Monuments historiques pleins d’éclats !

Trois phares de la côte normande - La Hague, Chausey et Granville - viennent d'être inscrits au rang de Monuments historiques. Une démarche qui, au-delà de la reconnaissance patrimoniale, devrait assurer l'avenir de ces ouvrages. Il était temps...

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  • Publié le : 06/09/2009 - 08:24

Trois phares sauvés Les trois phares normands rejoignent les 15 tours déjà classées Monuments historiques. Photo © Jean-Louis Guéry La Direction régionale des affaires culturelles de Basse-Normandie vient d'inscrire aux Monuments historiques les phares de La Hague, Chausey et Granville. Ceci fait suite à l'inventaire qui avait été réalisé en 2000 et qui a permis aux Pouvoirs publics, et notamment aux Directions régionales des affaires culturelles (DRAC), de prendre conscience de l'importance patrimoniale du balisage maritime et de l'impérieuse nécessité d'assurer sa pérennité suite aux conséquences de l'automatisation de la plupart des phares. On se souvient des coups de gueule de certaines associations et de certains élus concernant l'état de délaissement des phares, notamment en mer d'Iroise...

Cette politique, qui consiste à inscrire au rang de Monuments historiques les phares les plus remarquables, est un premier pas qui devrait assurer l'avenir de ces ouvrages. Pour Vincent Guiguenot, chargé de mission par le ministère de la Culture auprès du service des Phares et Balises, ces inscriptions sont d'abord un label de reconnaissance patrimoniale qui offre un premier niveau de protection pour ces ouvrages. Il ne cache pas que les subventions nécessaires à leur entretien sont plus faciles à obtenir auprès des Pouvoirs publics.

Aujourd'hui, quinze phares de métropole et trois d'outre-mer sont inscrits Monuments historiques ; ces inscriptions sont du ressort des DRAC. Rappelons que ce classement, état de protection supplémentaire, se fait au niveau national par la Commission nationale des Monuments historiques. Aujourd'hui, seuls deux phares, celui de Cordouan (ce fut d'ailleurs le premier Monument historique de France, en 1862) et celui de Gatteville sont classés. Trois autres phares (Giraglia en Corse, Eckmülhl à la pointe de Penmarc'h et Le Stiff à Ouessant) devraient l'être prochainement.

La Hague, gardien du Raz Le phare de La Hague garde le redoutable passage du raz Blanchard depuis 1837. Photo © Jean-Louis Guéry
Le phare de La Hague
Bordant à l'Est le terrible passage du raz Blanchard, la pointe de La Hague fut dotée d'un phare dès 1837. Les travaux, dirigés par l'ingénieur des Ponts et Chaussées Charles-Félix Morice de la Rue, furent pour l'époque un véritable exploit technique. Le phare de La Hague, à Gatteville, tout près du port de Goury, fut la première tour édifiée sur une roche découvrant d'à peine 10 mètres de rayon (le rocher du Gros du Raz). Construit en granit, il se présente comme un fût cylindrique rehaussé d'une astragale reposant sur une plate-forme également cylindrique. L'intérieur de l'édifice, avec son escalier en colimaçon non centré dans la tour, est une des originalités de l'édifice.

Caractéristiques : 1 éclat toutes les 5 secondes.
Portée : 19 milles. Hauteur : 52 mètres.
Position : 49° 43,4' N - 001° 57,3' E.
Automatisation en 1990. Géré par la subdivision des Phares et Balises de Cherbourg.



Le phare de Chausey
Chausey, une maison sur une île Le phare de Chausey, construit avec le granit bleu de l'archipel, est l'un des plus remarquables plans de maison-phare de nos côtes. Photo © Jean-Louis Guéry Dominant la pointe Lihou, au Sud-Est de la Grande Ile, à Chausey, ce phare est l'oeuvre conjointe de l'ingénieur Morice de la Rue et du directeur du service des Phares, Léonce Reynaud. La construction entamée en 1842 a été réalisée par une entreprise caennaise qui a puisé dans les carrières de l'archipel pour extraire le fameux granit bleu qui compose les parements de l'édifice. Il se présente comme une tour carrée ornée d'une balustrade à dés en encorbellements, qui prolonge la façade arrière du bâtiment rectangulaire faisant office de maison des gardiens. Il s'agit là d'un des plus remarquables plans de <maison-phare> largement inspiré par celui de Carteret, réalisé quelques années plus tôt. Si le phare de Chausey a subi quelques dommages lors de la Seconde Guerre mondiale, il reste, avec son jardin clos de murs et son magasin à poudre, dans un bon état de conservation.

Caractéristiques : 1 éclat blanc toutes les 5 secondes.
Portée : 23 milles. Hauteur : 19 mètres.
Position : 48° 52,2' N - 001° 49,3' E.
Automatisation en 2008. Géré par la subdivision des Phares et Balises de Granville.



Le phare de Granville
Aprement demandé par les marins du golfe normand-breton pour sécuriser les approches de Granville, le phare de la pointe du Roc fut mis en service en 1828. Il appartient à la première campagne d'éclairage de nos côtes et fut dessiné par Augustin Fresnel, le célèbre secrétaire de la commission des Phares. Avec des lignes très pures, il se compose d'une tour cylindrique de 11 mètres de haut réalisée en granit de Chausey. Les intérieurs remarquablement conservés témoignent du souci de confort et d'opulence qu'avaient les ingénieurs bâtisseurs vis-à-vis des gardiens qui assuraient le quotidien de ces ouvrages. Ici, la chambre de veille, avec sa cheminée de marbre, son grand lit clos lambrissé de chêne et ses plafonds et planchers ornés de marqueterie sont particulièrement soignés.

Granville, c'est un cap, c'est un roc… Le phare de Granville domine les falaises de la pointe du Roc et garde les entrées du passage de la Déroute. Photo © Jean-Louis Guéry Caractéristiques : 4 éclats blancs toutes les 15 secondes.
Portée : 23 milles Hauteur : 16 mètres.
Position : 48° 50,1' N - 001° 36,8' E.
Automatisation en 1997. Géré par la subdivision des Phares et Balises de Granville.

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