Actualité à la Hune

Météo : nouveau modèle numérique de prévision

L’été sera-t-il plein d’Arome ?

Il était annoncé pour la fin 2008. Le modèle numérique de prévision Arome - nouveau modèle à maille fine sur la France, quatre fois plus détaillé que son prédécesseur Aladin ! - est opérationnel en prévision marine depuis le début de l'année. Il sera peut-être accessible sur Navimail 2 cet été...

  • Publié le : 12/06/2009 - 08:00

Le champ de vent sur Aladin : une maille de 9,5 kilomètres Le champ de vent à 10 mètres d'altitude issu du modèle Aladin est ici établi sur une maille de 0,1 degré. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir comme pour toutes les suivantes). Photo © Météo-France On en parle depuis des années. Le modèle numérique de prévision Arome - nouveau modèle à maille fine de Météo-France - est opérationnel en prévision marine depuis le début de l'année 2009. À la veille de la saison d'été, rappelons ce qu'il peut apporter comme finesse supplémentaire dans les prévisions sur les côtes de la France métropolitaine (et bien entendu à l'intérieur du pays).

Un modèle numérique de prévision est un superlogiciel qu'on nourrit d'observations réelles, les plus exactes possible. Cette phase s'appelle l'assimilation. Ces observations réelles sont relevées partout autour du globe aux heures synoptiques (toutes les 3 heures depuis 0 heures UTC). Il en résulte l'analyse de l'état initial de l'atmosphère à un temps zéro.

Le champ de vent sur Arome : une maille de 2,5 kilomètres Pour la même zone que sur l'image précédente, le champ de vent issu du modèle Arome est ici établi sur une maille de 0,04 degré. Il est donc 2,5 fois plus détaillé qu'Aladin, à échelle cartographique égale. Photo © Météo-France Comme une fusée, le modèle doit être parfaitement calé afin de partir sur une trajectoire dont l'orbite est basse pour la prévision à courte échéance, haute pour la prévision à moyenne échéance. Avec des risques de dérive, d'autant plus élevés si les données initiales n'ont pas été optimisés en phase d'assimilation.

Celle-ci implique une véritable course contre la montre. Plus l'assimilation est récente, avec des observations fraîches, meilleure est l'analyse. Mais le lancement du modèle, c'est-à-dire le démarrage du calcul de la simulation, ne doit pas être trop tardif afin de respecter l'obligation de diffuser la prévision à une heure donnée.

La puissance de calcul disponible (35 milliards et 200 millions d'opérations par seconde, soit 35,2 gigaflops est la capacité de chacun des 256 processeurs du supercalculateur de Météo-France !) détermine ainsi le temps nécessaire pour produire les sorties brutes des modèles. Celles-ci sont alors livrées aux prévisionnistes qui les comparent, choisissent entre elles, les retouchent et les valident - c'est l'expertise - avant la diffusion des documents météorologiques expertisés (cartes et bulletins qui en résultent).

Arome est opérationnel au CNP de Météo-France à Toulouse En Prévision marine, Arome est opérationnel au Centre national de prévision (CNP) de Météo-France à Toulouse depuis janvier. À droite, au premier plan, le poste Méditerranée, au deuxième plan l'Atlantique (incluant la Manche et la mer du Nord) et au troisième plan, le Grand large Atlantique. Photo © Pascal Taburet (Météo-France) Le modèle est défini par des points de grille, dont la répartition est non seulement horizontale mais aussi verticale. Pour ne parler ici que de la première, la distance horizontale entre deux points de grille - la distance de maille - caractérise la finesse ou résolution du modèle qui peut représenter des météores (phénomènes météo) dont la taille est égale à au moins deux fois cette distance de maille.

Parmi les très nombreux paramètres traités par le modèle numérique de prévision, le champ de vent en surface est celui qui est le plus immédiatement utile aux marins, étant entendu qu'il conditionne aussi la modélisation de l'état de la mer. Avant l'entrée en service d'Arome, le modèle Aladin était le plus fin disponible sur la France et les eaux immédiatement avoisinantes - jusque dans le golfe de Gascogne, le golfe du Lion ou vers la Corse - avec une maille de 9,5 kilomètres.

La maille d'Arome est de 2,5 kilomètres, soit presque quatre fois plus détaillée ! Il intègre aussi les données issues des observations locales, par exemple celles des vents doppler des radars météo, et il peut prendre en compte des éléments au sol plus précis, afin de modéliser les îlots de chaleur.

Arome est clairement délimité dans Navimail 2 Sur l'écran Navimail 2, la limite d'Arome figure bien en rouge. Elle est plus resserrée sur la France qu'Aladin (en vert). Mais les requêtes ne sont pas encore opérationnelles sur Arome (ce sont des fichiers Aladin qui sont fournis). Météo-France espère les rendre actives dans le courant de l'été... Photo © Navimail/Météo-France (Olivier Chapuis) Dans le domaine maritime, Arome voit mieux le relief littoral qu'Aladin, ainsi que les autres effets de sites, comme les brises thermiques, les effets de pointe ou les effets venturi. Enfin, il prend mieux en compte les mouvements verticaux et améliorera la modélisation des phénomènes convectifs aux abords des côtes, en particulier les orages.

Normalement, les prévisions sont ainsi censées gagner très significativement en finesse pour la courte échéance, de une à trente-six heures... à charge pour les prévisionnistes de bien traduire tout cela dans les bulletins. Ultime étape pour les plaisanciers utilisateurs de fichiers Grib, Arome dont la zone de requêtes est déjà tracée sur Navimail 2 n'est pas encore opérationnel sur ce serveur de Météo-France. Il devrait l'être à la fin du mois de juin... ou à la fin de l'été seulement... selon les sources que nous avons interrogées à Météo-France.