La photo à la hune par Rolex Swan Cup

Rolex Swan Cup
Parés à virer ? On vire !
parés à virer   on vire

La scène se passe le 11 septembre dernier à Porto Cervo (Sardaigne) dans le cadre de la Rolex Swan Cup qui réunit chaque année, pour des joutes navales haut de gamme, une centaine d’unités des chantiers Nautor. Sur cette photo, le Swan 50 One Groupe, à gauche, s’apprête à éviter un autre Swan 50, Mathilde, qui, naviguant tribord amure, semble vouloir profiter de son allure prioritaire pour poursuivre sa route. S’agissant de 50 pieds, l’occasion était trop belle de demander à un spécialiste du Mini, justement, d’essayer d’extrapoler sur les suites à venir. Double participant de la Mini-Transat et ancien président de la classe, Olivier Avram a accepté de jouer le jeu.

«C’est vrai que c’est tendu comme situation, mais à mon sens tout va bien se passer, explique-t-il. Entre équipages pros, on se fait des manières, en course, mais on sait se tenir. Il est rare, très rare, que ça touche.

«Sur
Mathilde, à droite, on voit bien que rien ne bouge. Le tacticien s’est mis sous le vent, pour surveiller. Sur One Groupe, en revanche, c’est l’effervescence. Les deux équipiers de génois sont à l’écoute, sur leur winch du rouf. Celui qui est sous le vent s’apprête à choquer et l’autre va bientôt brasser.»

«
One Groupe pourrait passer derrière Mathilde en abattant un peu, quitte à reprendre derrière, mais à mon avis ils vont plutôt virer dans la seconde qui suit. S’il passe derrière et vire juste après, il se retrouvera en mauvaise position. A l’arrière tribord du cockpit, d’ailleurs, on voit bien que l’équipier de la bastaque tribord vient de mettre cette manœuvre sous tension au winch. Ce qui signifie qu’ils n’ont pas l’intention d’abattre puisqu’ils ne peuvent plus maintenant choquer la grand-voile.»

«Et l’équipier d’écoute de grand-voile est à poste lui aussi, sur le winch de cockpit bâbord, à côté du barreur. On voit bien l’écoute de grand-voile venir sur ce winch et sur son alter ego à tribord, au milieu du cockpit, après avoir été ramenée depuis l’arrière vers la ferrure de bôme puis en pied de mât. Sur ce maxi, on ne reprend pas l’écoute de grand-voile directement sur le rail, à l’arrière.»

«Ça risque donc d’être chaud mais à mon avis,
One Groupe a encore de la place pour virer, conclut Olivier Avram. Et ça se devine aussi à la position du barreur qui est fléchi sur ses jambes, prêt à rouler la barre un grand coup. S’il avait eu l’intention ou la consigne de poursuivre, il se serait tenu bien droit, un peu au vent, pour contrôler parfaitement sa trajectoire.»