Portraits

Photographe

Didier Ravon

Un rêve, deux passions !
  • Publié le : 24/07/2008 - 16:30
didier ravon Depuis son premier Kodak, en 1968 - il avait huit ans -, Didier n'a cessé de photographier. Et a toujours gardé le goût du noir et blanc, comme le prouvent ses dix photos préférées ! Photo © D.A Daniel Allisy

Mon premier appareil - un Kodak -, je l'ai eu pour mes huit ans, en plein mai 68. Normal, mon grand-père et mon père étaient des photographes passionnés, excellents amateurs, qui passaient une partie de leurs week-ends à tirer leurs images en noir et blanc, et fabriquaient leurs produits à base d'hyposulfite de sodium... Je me souviens d'une engueulade légendaire de mon père, alors que j'avais mal dosé la poudre du révélateur - conséquence, des négatifs décisifs détruits ! C'était le bon temps et l'ingratitude de l'argentique.... Et sûrement aussi l'insouciance de l'adolescence. Cet épisode ne m'a pas empêché de vouloir devenir photographe, et d'adorer le noir et blanc. J'en rêvais depuis mon plus jeune âge.

J'ai découvert la voile plus tard sur un superbe plan d'eau dans les environs de Saint-Etienne, ma ville natale. C'est un stage, en troisième, qui a définitivement scellé mes deux passions, dans la voilerie de Gérard Devillard, Stéphanois comme moi, sélectionné aux Jeux de Tokyo 1964 en Finn, et champion de France de 470. J'avais 15 ans. Il m'a emmené au Salon nautique à Paris. Et là, révélation ! Mon père s'était abonné depuis peu à Voiles & Voiliers, et outre France Football, les lendemains d'exploits des , je dévorais le magazine chaque mois. J'ai alors patienté des heures devant le stand au CNIT, réussi à approcher Daniel Allisy, terriblement demandé... et qui m'a offert son livre sur la photo en mer. Super-sympa, il m'avait même fait une dédicace : <A charge de revanche, car j'attends maintenant tes photos...>

Après trois années géniales d'études de photo au CFT Gobelins, une solide formation en studio et grand format, mon diplôme en poche, le service militaire comme moniteur de voile à Toulon et un premier poste à l'Ecole nationale de voile où je n'ai cessé de naviguer et régater, mes premières piges à la revue de la FFV... j'ai publié mon premier quart de page dans Voiles & Voiliers. Je n'étais pas peu fier. Déjà, la concurrence était sévère, de Christian Février à Daniel Allisy ou Erwan Quéméré et Daniel Forster... sans parler de petits jeunes - Gilles Martin-Raget, Carlo Borlenghi - qui débarquaient.

Puis j'ai eu l'opportunité d'embarquer avec Marc Pajot pour la Coupe de l'America avec French Kiss. J'étais notamment chargé de photographier nos voiles en deux dimensions, puis de les mesurer sur un écran pour ensuite quantifier les ronds de guindant et de chute, les volumes et les creux, puis les rentrer sur le logiciel de coupe . Et j'espionnais les adversaires, armé d'un 600 mm Nikkor ouvrant à 4. La Coupe a été une expérience fabuleuse et inoubliable.

De retour d'Australie, Daniel Allisy - toujours lui - m'a donné ma chance. Pigiste d'abord, rédacteur en chef-adjoint ensuite, je suis depuis 2005 rédacteur en chef. Comme quoi, la photo et le bateau mènent à tout... Du coup, je ne fais plus beaucoup de photos, bien malheureusement. Mais la passion est intacte. J'ai au moins ce privilège de découvrir en avant-première et participer au choix de toutes les photos publiées dans votre magazine préféré, chaque mois. Pour moi, réussir une photo, c'est d'abord saisir la lumière, et l'instant. Et quand on photographie des voiliers, il convient d'anticiper, et que le pilote de la vedette ou de l'hélico soit là, où vous le souhaitez. Car le placement, c'est 50 % de la photo !

1978. Bac B.
1979. Études de photo au CFT Gobelins.
1982. Brevet d'Etat de voile.
1983. École nationale de voile.
1984. Vidéo Sea à Marseille.
1985. Coupe de l'America à Fremantle.
1987. Photographe pigiste à Voiles & Voiliers.
1988. Photographe du Tour de France à la voile.
1989. Intègre l'agence photo Sea and Sea.
1991. Rédacteur en chef-adjoint à Voiles & Voiliers.
2005. Rédacteur en chef à Voiles & Voiliers.

Boîtiers : Canon EOS 5 (argentique) et Canon 5D (numérique).


Pellicules : j'ai toujours quelques Velvia 50 dans mon sac, et que j'expose souvent à 80 Asa et fais développer avec plus un diaph.


Objectifs : un zoom 20-35 qui ouvre à 2,8, un 35-80, un 80-200... sans oublier le 300 mm 2,8, lourd et encombrant, certes, mais tellement indispensable... plus aussi un superbe 50 macro !


Filtres : vu le traitement imposé au matériel en bateau, chacun de mes objectifs est muni d'un filtre UV.


Divers, mais indispensables : une (vraie) peau de chamois ; un rouleau de papier toilette pour essuyer objectifs et boîtiers ; deux ou trois sacs poubelle de 100 litres pour y mettre le sac photo. Bien utile sur certains bateaux qui mouillent ou lors de transbordement d'un voilier vers un semi-rigide.


Valise étanche : Pélican. Lorsque je régatais très souvent, je prenais juste un boîtier et mon 17-35, bien calés dans de la mousse. Je me souviens notamment d'une manche agitée lors de l'Admiral's Cup 1993, où, sur Corum, nous avions sorti toute la garde-robe et fait quelques figures libres... De retour au port, j'ai retrouvé ma valise flottant à moitié dans les fonds sous des génois détrempés... mais mon matériel intact. Lourd, mais très utile !


Didier Ravon
Voiles & Voiliers
21 rue du Faubourg Saint-Antoine
75550 Paris Cedex 11
Tél. 01.44.87.87.85.

Courriel : ravon@voilesetvoiliers.com