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Mini Transat - Iles de Guadeloupe

Que sont-ils devenus ? Yvan Bourgnon

Le départ de la 20e Mini-Transat-Iles de Guadeloupe sera donné le 19 septembre de Douarnenez. Jusqu’à cette date, retrouvez chaque jour un ancien vainqueur qui nous relate son parcours et revient sur ses souvenirs de la plus formatrice des Transats. En 1995, Yvan Bourgnon gagnait à bord de "Omapi-Saint-Brévin" avec 77 minutes d’avance seulement sur Thierry Fagnent. Deux ans plus tard, il gagnait la Transat Jacques Vabre avec son frère Laurent. Et c'est pour lui rendre hommage qu'il participera à la prochaine Jacques Vabre (départ le 25 octobre) avec Gilles Lamiré sur le trimaran de 50 pieds "La French Tech Rennes Saint-Malo".
  • Publié le : 10/09/2015 - 00:01

Omapi Saint Brévin Yvan BourgnonOmapi Saint-Brévin était un plan Finot-Conq lancé en 1991 sous le nom de Déphémérides. Il gagnera la deuxième étape de la Mini en 2000 avec Erwan Tabarly à la barre.Photo @ Jacques Vapillon
Voilesetvoiliers.com : Yvan, qu’êtes vous devenus depuis votre victoire ?
Yvan Bourgnon:
La Mini a été le point de départ de ma carrière sportive pour revenir, par choix et ce depuis 2008, sur les petits bateaux à commencer par les catas de sport. Un retour après être passé à bord de tout ce qui se faisait de mieux en terme de multicoques. J’ai eu la chance de pouvoir lancer beaucoup de projets après cette Mini-Transat. Avec plus ou moins de succès, bien sûr, mais aussi et surtout de concrétiser tous mes rêves de voile. Ce que je ne pensais pas du tout réalisable à l’époque de ma Mini.
Je viens d’en terminer avec mon tour du monde en solitaire et en cata de sport.

Yvan Bourgnon vainqueur Mini Transat 1995Huit ans après Laurent Bourgnon, Yvan - son frère cadet de cinq ans - se lance à l"assaut de la Mini Transat et inscrit le nom de la famille au palmarès.Photo @ Jacques VapillonMon projet prochain, même s’il est évidemment bousculé par la disparition de mon frère Laurent, sera une tentative de record contre les vents et les courants dominants. La meilleure performance est actuellement toujours détenue par Jean-Luc Van Den Heede (depuis 2004 en 122 jours 14 h 3’ 49’’). Cette tentative s’effectuera en multicoque et en solitaire. Je pense que c’est nettement moins dangereux que mon tour du monde en cata de sport mais bien engagé physiquement. J’espère finir de réunir les fonds prochainement et partir soit fin 2016, au plus tard fin 2017.  Et le bateau que je vise est actuellement l’ancien trimaran d’Ellen MacArthur (B&Q Castorama), un bateau simple, solide et pas cher. Le but est de le terminer pas de fabriquer la machine le plus rapide du monde.

Voilesetvoiliers.com : Quel est votre plus grand souvenir de la Mini-Transat ?
Y. B. :
La première étape ! Je suis en bagarre avec Lemonchois, Stamm, Ravussin qui sont des pointures de la voile aujourd’hui, sans oublier Thierry Fagnent, moins connu du grand public, mais qui est un très, très bon. À l’époque, les pilotes automatiques décrochaient beaucoup au portant dans la brise. Du coup, c'était devenu un peu à celui qui barrerait le plus sans aller dormir. Les trois derniers jours, le long des côtes du Portugal, il y avait 30 nœuds de vent, le bateau ricochait à 14 nœuds sur l’eau, on se faisait des frayeurs sur les bateaux qui surfaient en permanence. Et là je me suis dit : « ok, je ne vais plus dormir jusqu’à l’arrivée ». C’est comme ça que j’ai gagné : en tenant le coup jusqu’à Madère.

Disparition de Laurent BourgnonLaurent et Yvan Bourgnon à l'époque où ils faisaient équipe sur le trimaran Primagaz.Photo @ Gilles Martin-Raget

Voilesetvoiliers.com : Que vous a apporté la Mini-Transat ?
Y. B. :
Cela m’a permis de me dire que, professionnellement, j’avais peut-être quelque chose à faire dans la voile. Avant la Mini, je n’avais disputé que des régates en cata de sport et je n’avais pas encore goûté au large en compétition. Je ne savais pas vraiment où j’en étais avant le départ de Brest, même si j'avais gagné le Mini-Fastnet et la Transgascogne cette saison-là. Cette victoire m’a conforté d’autant que je me suis éclaté lors de cette Mini : le solo, la gestion du bateau, la bagarre… Ensuite, j’ai eu envie d’aller plus vite. Notre point commun avec Laurent était d’avoir des machines toujours plus rapides ! J’ai beaucoup repensé à la Mini pendant mon dernier tour du monde en cata de sport : petit bateau, peu de choses à bord. L’état d’esprit était très similaire.

Arrivée Yvan BourgnonLors de son tour du monde en solitaire en cata de sport, Yvan Bourgnon a retrouvé de nombreuses similitudes avec la Mini-Transat.Photo @ Didier Ravon

Vous pouvez retrouver ici le résumé vidéo du tour du monde d’Yvan Bourgnon en cata de sport.

 

Mini-Transat 1995

Vainqueur : Yvan Bourgnon.

Bateau : Omapi Saint-Brévin (plans Finot-Conq).

Parcours : Brest / Funchal / Fort-de-France : 4 050 milles.

Temps de course : 27 j 07 h 21’.