Actualité à la Hune

Matériel de survie

L’affaire est dans le sac !

... Il ne s'agit pas là d'un proverbe de Lao-Tseu, mais bien d'une indispensable règle de sens marin ! Aussi nous sommes nous penchés sur cette question : que faut-il mettre, dans son sac de survie, pour faire face, en cas de fortune de mer ? Indications et explications.

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  • Publié le : 25/08/2009 - 08:08

Ça se gâte ! Ça y est, ça se gâte et il faut se mettre à l'eau avec le radeau... Mieux vaut partir avec le minimum vital, dans un sac de survie. Photo © Gilles Martin-Raget En cas d'avarie grave - voie d'eau ou incendie -, pas le temps de réfléchir. C'est à cet instant que le sac de survie se révèle utile, car dans l'urgence et la panique, l'équipage ne peut que se saisir du minimum.

Un minimum vital, et pourtant facultatif

Trois catégories de navigation
pour trois armements distincts

Depuis 2008, la réglementation sur la sécurité des navires de plaisance a changé. Ce ne sont plus deux zones de navigation qui sont définies, mais trois. Catégories "basique" (moins de deux milles d'un abri), "côtière" (de deux à six milles) ou "hauturière" (plus de six milles) : pour chacune d'elles, le matériel de sécurité obligatoire diffère. Plus l'on s'éloigne de la côte, plus il est conséquent. Au-delà de six milles des côtes, un radeau de survie est par exemple exigé. Mais quel que soit l'éloignement, la constitution d'un sac de survie n'est jamais exigée.

Si l'armement correspondant à la catégorie de navigation du bateau est obligatoire (voir encadré ci-contre), le sac de survie - préparé avant le départ et prêt à servir en cas de naufrage - n'est pas exigé par la réglementation française. Évidemment, puisqu'un matériel de sécurité est d'ors et déjà obligatoire à bord, tous ne semblons-nous pas nous préoccuper de ce sac supplémentaire...
<Ce sont d'abord les plaisanciers qui partent pour une longue période qui le préparent, pas ceux qui naviguent entre Houat et Hoëdic>, confirme-t-on à Loc'Haliguen, magasin d'accastillage à Port Haliguen (Morbihan).

Puisque non réglementé, son contenu est le plus souvent laissé à l'initiative du responsable de bord ; certains accastilleurs et fabricants de radeaux de survie en proposent aussi à la vente, tout faits.
Loc'Haliguen : <Ce sac, c'est du bon sens. On y met ce qu'on veut ! Par exemple, une personne diabétique devra y mettre ses médicaments.> Comprendre que de ce sac peut dépendre la survie des naufragés et qu'il est d'autant plus pertinent de le remplir avec intelligence.

Choisir tout d'abord un sac étanche, flottant, de couleur vive et muni d'un bout et d'un mousqueton. À bord, le placer à portée de main, de manière à s'en saisir facilement en cas de problème. Que vous l'achetiez ou le prépariez vous-même, voici une liste non exhaustive de ses composants les plus importants.

Les basiques du sac de survie Un aperçu du contenu partiel du sac de survie, de gauche à droite et de haut en bas : VHF portable, flash light, trousse de secours, feux à main et couverture de survie. Photo © Agathe Armand Documents et papiers
Les documents du voilier (titre de navigation et acte de francisation) et les pièces d'identité de l'équipage doivent être placés dans une pochette étanche à l'intérieur du sac. Si possible, on y ajoutera le journal de bord au moment du naufrage.

Matériel de signalisation
Si radeau de survie il y a, il est déjà fourni en matériel de signalisation. Mais une flash light*, des feux à mains, un miroir de signalisation, une lampe torche étanche et un sifflet sont toutefois utiles. Il faut s'assurer du bon fonctionnement de l'ensemble avant le départ et ne pas oublier les piles !

Matériel de communication et de navigation

Le matériel de survie d'Erwan Tabarly, coureur en solitaire, expliqué par son préparateur, Augustin Vieillard Baron

<À bord du Figaro et en plus du matériel obligatoire, Erwan a emmené du matos dans les poches de son gilet de sauvetage. On y trouve une flash light* pour être repéré de nuit, de la fluorescéine** pour être repéré de jour, un bâtonnet fluorescent qui émet une lueur pendant 20 heures après qu'on l'a cassé et, grande nouveauté, une balise personnelle. C'est une mini balise Argos de la taille d'un téléphone portable, à laquelle est attribué un numéro. Une fois déclenchée, elle envoie un message et une position à intervalle régulier. L'idée, c'est que dans une situation de merde - s'il tombe à l'eau ou autre -, tout est déjà dans son gilet ! C'est facultatif, mais c'est un choix qu'il a fait de par son expérience. Sur la Solitaire du Figaro qu'il court, 60 à 70% des skippers ont embarqué la même chose.>

Une VHF et un GPS portables et étanches et un compas de relèvement sont essentiels pour prendre contact et communiquer sa position de manière précise. Désormais, il existe aussi des balises personnelles, coûteuses mais utiles (voir encadré ci-contre).

Equipement personnel

D'un point de vue sanitaire, on emportera : une couverture de survie par membre d'équipage - ou à défaut des vêtements chauds et étanches -, une trousse de secours pourvue, si besoin, des médicaments spécifiques à l'équipage, des sachets contre le mal de mer et de la crème solaire. D'un point de vue pratique, chaque équipier devra être muni de son gilet de sauvetage obligatoire, d'un couteau, d'un sifflet et d'une lampe torche étanche.

Eau et nourriture
L'eau peut être disponible sous la forme de sachets (un litre par personne) ou d'un bidon extérieur au sac, muni d'un bout et d'un mousqueton. La nourriture doit être à la fois facile à transporter et nourrissante (10 000 kilojoules par personne) : ration de survie militaire, fruits secs... On privilégiera les produits de longue conservation. Attention aux aliments salés qui activent la déshydratation. Le Dr Jacques Desanlis souligne à ce propos que <le fait de manger salé pour mieux retenir l'eau est complètement idiot ! Lorsque l'on est en situation de perdition, si l'on mange fort salé, on risque de boire plus et donc d'épuiser ses réserves d'eau.>

Matériel divers
Un bout ou un filin, une réserve de piles, un outil multifonctions - Leatherman, couteau suisse - et du matériel de pêche peuvent s'avérer utiles.

... Attention, cette liste est loin d'être terminée ! Ce sac relève du domaine de la sécurité et par conséquent mérite une certaine préparation. Une fois complété, il faudra le vérifier régulièrement et s'assurer du bon fonctionnement du matériel. Jouer au "MacGyver" en herbe, non... S'assurer de sa sécurité, oui !

...........
* Flash light
: lampe portable émettant un éclair à intervalle régulier.
** Fluorescéine : substance chimique fluorescente au contact de l'eau et à la lumière du jour.

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Vos commentaires

    • On peut jeter un œil au règlement de la classe mini: http://www.classemini.com/?mode=reglement-classe-mini Je pense qu'après quelques jours passés dans le radeau de survie, on ne doit pas regretter avoir préparé un bidon d'eau potable supplémentaire.

      Ajouté par Anonyme le 25/08/2009 - 12:20

      Cette zone de commentaire est limitée à 1500 caractères.

    • Bonjour Jean-Michel, Pour n'y avoir passé que 24 heures, je confirme... Froid, manque de place, confinement, mouvements de l'engin : on n'est pas du tout préparé à ça ! Amicalement, Hervé, Voiles & Voiliers

      Ajouté par Hh le 28/08/2009 - 08:49

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