Actualité à la Hune

Des marins ; un été

Tu fais quoi cet été ? (2)

C'est un dîner de gala qui a réuni mi-avril, sous les ors du Yacht Club de France, une brochette de marins exceptionnels autour d'un champion un rien méconnu en France mais dont le nom est devenu la plus célèbre des marques associées à l'histoire de la course au large. Keith Musto, vice-champion olympique de Flying Dutchman en 1964 aux Jeux de Tokyo, recevait en quelque sorte l'hommage des marins dont il a protégé l'intégrité physique sur des dizaines de milliers de milles. La soirée a été l'occasion de saluer des exploits récents autour du monde mais aussi de retrouver avec plaisir des champions éloignés de la compétition mais toujours proches du monde de la mer. A tous, une seule question : «Tu fais quoi cet été ?» Entre vacances au fil de l'eau, courses au plus haut niveau et projets à peaufiner, voici les réponses de nos champions (deuxième partie).
  • Publié le : 03/05/2017 - 00:01

Dîner de gala MustoVincent Riou, Armel Le Cléac'h et Jérémie Beyou (de gauche à droite).Photo @ Loïc Madeline
Vincent RiouAprès tant d'années d'investissement en IMOCA, Vincent Riou veut souffler. Il disputera The Bridge en juin prochain avec Thomas Coville.Photo @ Loïc MadelineVincent Riou, vainqueur du Vendée Globe 2004-2005
L'été prochain, au mois de juin, je suis avec Thomas (Coville) pour disputer the Bridge et fin juillet je fais le tour de Bretagne en Figaro en double avec Sébastien Simon, skipper Espoir Région Bretagne qui tourne bien. Entre les deux, je ne sais pas. Peut-être un petit tour du côté du Tour de France à la Voile, peut-être un petit tour du côté du Fastnet. Je n’ai pas finalisé mais mon été devrait ressembler à ça. Il y a eu l’assemblée générale de l'IMOCA dont je suis partie prenante car je m’occupe de la commission technique. Il faut 
donc que je présente les évolutions. Mais j'aimerais bien passer un peu moins de temps autour de l'IMOCA, prendre un peu l'air. Je vais au bout de ma mission mais si je pouvais souffler un peu, cela m'arrangerait. (Depuis notre entretien, Vincent Riou a déclaré qu’il ne disputerait pas le Vendée Globe 2020 mais souhaitait être au départ de la course autour du monde en Ultime qui partira de Brest en 2019, ndlr.)






Sylvie Ernoult, Commissaire générale du Yachting Festival (Cannes)
L'été prochain, je travaille. Les vacances d'été n'existent pas. Le Yachting Festival arrive en septembre et toute l'équipe le prépare pendant juillet et août ; la directrice la première. A Cannes, on fête nos 40 ans c'est un vrai événement que l'on va célébrer comme il faut. Nous allons renforcer nos espaces luxe mais le port est déjà plein et nous n'aurons pas 20 % de plus d'espace sur l'eau en tout cas pas en 2017. Après on y travaille.

 

Yves ParlierVéritable légende de la course au large, Yves Parlier se consacre désormais à la réalisation de kite pour bateau.Photo @ Loïc MadelineYves Parlier, vainqueur de la Mini-Transat et de la Solitaire du Figaro
Je travaille sur mes cerfs-volants été comme hiver. Il y a tellement de choses à faire que j'ai de quoi m'occuper quatre saisons sur quatre. Donc ça va des petites voiles de 10 mètres carrés jusqu’aux études pour des voiles de 1 600 mètres carrés. On a lancé ce week-end le «liberty kite» qui est une voile assez révolutionnaire permettant de transformer un bateau en panne de moteur ou démâté en un bateau qui se déplace pas si mal. Ce kite tient dans un petit sac : ce n'est que du tissu et il y a deux lignes donc il n'a pas besoin de le piloter en permanence. Je navigue avec ces prototypes et je me fais plaisir à faire de la voile avec des copains sur le bassin d'Arcachon, et j'espère bientôt pouvoir renaviguer sur l'hydraplaneur que l'on va équiper avec des ailes de traction, un système automatisé pour faire nos essais avec des ailes de taille intermédiaire entre celle qui équipe Energy Observer (voir la vidéo ici) et celle qu'on va mettre au point pour un porte-conteneurs de la CMA-CGM. Il ne s'agit plus de faire des records mais d'essayer de mettre au point un système d’économie d’énergie pour la marine marchande.


Gilles Poirier, directeur des ventes Volvo Penta
Navigation en Corse du Sud du côté de Campo Moro : je pars naviguer au gré des passages des copains qui font escales. Peut-être sur Sovereign s'il s’arrête, peut-être sur d'autres bateaux. Et sinon sur un petit First 210 que j'utilise quand les bateaux des amis se font plus rares !


 

Ronan LucasLe directeur général de l'équipe Banque Populaire n'arrête jamais : la construction du nouveau trimaran géant l'accapare.Photo @ Loïc MadelineRonan Lucas, directeur du team Banque Populaire
L'été prochain on va mettre un magnifique trimaran de 32 mètres à l'eau et nous sommes très heureux de pouvoir naviguer dans quelques mois sur ce bateau volant. Une fois à l’eau, on va beaucoup, beaucoup naviguer car ces engins sont très compliqués et demandent beaucoup de mise au point sachant que le premier objectif c'est la Route du Rhum 2018. Ça nous tient à cœur : Armel n'avait pas pu y participer la dernière fois et on aimerait qu'il ait une machine pour gagner. Ce ne sera pas une machine qui vole tout le temps mais il y a des moments où elle devrait bien voler.

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