Français, respectivement 40 et 33 ans, coureurs en Star, gros clients pour Londres.
Note :
La semaine dernière à la SOF, le nouveau duo du Star français gagnait huit manches sur 16, alors que la flotte était réduite à six bateaux. Mais quand même.
Photo © Jean-Marie Liot (FFV)
Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot. Deux types gigantesques, masses de muscles déliés et souples, capables de se mouvoir dans la force et la précision. Rohart est médaillé de bronze à Athènes en Star et rêve de faire mieux à Londres. Ponsot est depuis quelques semaines le nouvel équipier. Celui que l'on toise et jauge pour parler potentiel, chances de médaille. Ils sont l'un des équipages les plus attendus pour les Jeux de Londres, ressemblent à deux pandas que l'on chérit comme des individus en voie d'extinction... Mais devant l'adversité, ils s'efforcent de rester calmes et lucides, formant un bloc compact et cohérent à chaque question. Quoi qu'il advienne.
Xavier Rohart, 40 ans. Barreur de Star. Médaillé de bronze en 2004.
Photo © Gilles Martin-Raget (FFV)
v&v.com : Alors, cette renaissance ?
XR & PAP : (De conserve, très surpris.) Renaissance ?! Ça alors !
XR : Non, on ne peut pas parler de renaissance parce que ce serait sous-entendre qu'il y a eu... mort ?! Il y a eu un changement énorme, oui. Pour moi, je parlerais même de retour au point de départ...
PAP : Oui, oui... Pour moi, il s'agit plutôt d'un redémarrage sur le projet Star. Jusqu'à maintenant, j'ai beaucoup navigué en solitaire et en équipage.
XR : Justement, c'est pour cette raison que cela peut marcher.
PAP : Mais, le double, je l'ai peu pratiqué, alors je n'ai pas vraiment de routine.
XR : Eh ! Quand je te vois fonctionner, je dirais presque que tu es déjà dans la routine. Certaines choses sont déjà automatisées...
PAP : Là, je nous vois déjà installés dans le type de relation que l'on trouve en équipage entre un barreur et son tacticien, tu vois, plutôt que dans la relation habituelle du double.
XR : Quand je suis passé en Star, en 2001, j'ai considéré ce bateau comme un gros solitaire. Et puis à l'époque, j'avais de nombreuses personnes ressource autour de moi : Marc Bouët, Philippe Michel, Philippe Gomez avaient une approche très <Gros bateau, match-race, conduite> qui étaient des choses que je ne connaissais pas... Et puis rapidement, c'est devenu <On fait du Finn>. Même si Pascal Rambeau (son équipier de 2003 à 2008, ndlr) avait une expérience du triple et du double, cela restait quand même très proche dans la conduite, dans la façon de s'exprimer à bord... C'est ce qui explique mon sentiment de revenir maintenant à mon point de départ.
v&v.com : Le fonctionnement de votre équipage est-il devenu plus simple que celui que tu as connu auparavant, Xavier ?
XR : Je ne sais pas... Cela fait encore peu de temps que nous naviguons ensemble. Je pense que la jeunesse d'une association donne toujours une impression de facilité. Par ailleurs, on est revenus sur un fonctionnement basique de l'équipage, un peu à l'image de <C'est celui qui a la barre qui décide !> et j'arrive vachement mieux à m'exprimer. Il faudra ensuite trouver un équilibre intelligent, un peu comme avec Pascal, pour pallier les moments où ça coince... Sans forcément monter une usine à gaz, mais de manière à ce que cela fonctionne.
PAP : Tout à l'heure, j'ai dit que cela ressemble à un fonctionnement entre barreur et tacticien en équipage, mais ça ne l'est pas. Parce que c'est du double, donc il y a plein d'autres composantes techniques et je ne suis pas dans un schéma où je fais la tactique. On est dans un échange, on discute... On est dans une relation beaucoup plus resserrée que dans un équipage. Comme dit Xavier, il y a des points à travailler. Par exemple, l'intégration des raccourcis de langage que chacun utilise et les schémas tactiques personnels.
XR : Avant de se lancer dans le Star, on a d'abord testé notre association sur des épreuves de match-race. L'idée était de savoir qu'est-ce qu'on pouvait s'apporter l'un à l'autre. L'image du championnat de France de match-race à Pornichet est alors excellente : moi, j'avais mon petit périmètre, là. Ça tourne, ça matche, on fait avancer le bateau, le numéro un se débrouille comme il peut et PAP est comme une sorte d'électron libre. Simplement, il cadrait les choses. <Là, tu peux aller. Là, tu t'arrêtes.> On a eu de super résultats - quelques foirades aussi, normal - mais on a prouvé être capables de sortir un très haut niveau de jeu. C'est un peu à l'image de ce qui s'est passé à la SOF : même si on a pu manquer d'un peu de concurrence parfois, il est clair qu'à certains moments, personne ne pouvait nous inquiéter. Je suis hyper confiant... Et à la fois, un peu inquiet... D'ici aux Jeux, ça me semble très long encore.
PAP : Moi, je suis confiant. Je me place dans une logique professionnelle qui veut que je m'adapte à Xavier et me donne corps et âme pour atteindre notre objectif de performance. Je sais que c'est une méthode qui marche.
v&v.com : Comment s'organise votre préparation aujourd'hui ?
XR : On manque toujours de partenaires d'entraînement... Surtout qu'il est difficile pour l'heure de savoir quels équipages vont reprendre à plein temps... Côté financier, on pourrait s'en sortir en diminuant notre train de vie, en économisant en début de PO pour dégager plus de fonds dans les derniers mois avant les Jeux. Mais s'il faut s'aligner avec deux, trois ou quatre pays, il faudra trouver des solutions... Ça dépend de qui va revenir à temps complet. Pour l'instant, il n'y a aucun moyen de savoir. Scheidt, Negri, Kusznierewicz et Marazzi sont pour l'instant partis sur d'autres projets, des qui ramènent de l'argent, justement.
PAP : Ça va dépendre de la Coupe, aussi.
XR : Et puis on va travailler avec Bertrand Dumortier, maintenant. Moi, j'avais vraiment très envie de travailler avec Daniel Dahon en plus, qu'ils soient en binôme. Bertrand était plutôt d'accord, mais Daniel a pensé qu'il n'aurait pas sa place et a préféré refuser. Mais cela ne me perturbe pas plus que ça, parce que comme je te l'ai dit, en 2001 aussi j'étais parti avec quelqu'un d'autre... Et finalement, Daniel est revenu. Alors je suis loin de me sentir orphelin.
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Revivez la 41e Semaine olympique française au travers du diaporama <Hot Stuff> et de l'article <Grâce et insolence des Français>.
Visionnez le résumé en images de la semaine ici et des Medal races ici.
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27/04/2009 - 16:29
Hot stuff !
A priori, les images de dériveur dans le petit temps n’ont pas grand chose de glamour… Sauf que Guilain Grenier a l’œil aiguisé et de l’or dans les doigts qui, alliés à l’excellence de l’Equipe de France, offrent 20 petites merveilles. Vingt instantanés d’une 41e Semaine olympique française pleine de promesse.
25/04/2009 - 10:57
Grâce et insolence des Français
De la pure folie ! Les Français engagés dans les Medal races, hier, ont joué leur partition en virtuoses, remportant toutes les manches alors qu'une puissante brise de Sud-Est s'était enfin levée à Hyères pour la Semaine olympique française. Survitesse, maîtrise et coups de génie, les spectateurs s'en sont mis plein les yeux ! Chronologie d'une journée fantastique.
24/04/2009 - 19:38
Les Français finissent en beauté
La 41ème édition de la Semaine Olympique Française courue à Hyères du 19 au 24 avril s’achève sur des Medal Races spectaculaires : par 20 nœuds de vent d’Est et une bonne houle, les Français engagés sur 6 des 10 Medal Races ont remporté 5 victoires et une seconde place. Au général, ils repartent avec 2 victoires et 2 podiums. Images en vidéo d’une finale de toute beauté.
24/04/2009 - 16:50
Ou comment faire du neuf avec de l’ancien
, ça ne se trouve pas sous le pas d'un cheval. Aussi le fonctionnement du haut niveau français a-t-il été revu et corrigé... De la diminution du nombre d'athlètes retenus en Equipe à la (ré)édition des collectifs jeunes, en passant par le remaniement de l'encadrement, le DTN Philippe Gouard montre comment d'un bon coup de balai, on dépoussière une stratégie.
23/04/2009 - 22:23
2 victoires et 4 podiums tricolores possibles dans les Medal Races
Vendredi 24 avril après 5 jours de course, la Semaine Olympique Française de Hyères finira en beauté avec les Medal Races : dans chaque série, les 10 premiers vont courir une seule manche dont les points compteront double au général. Sur les 10 séries de cette 41ème édition, 6 verront des français en Medal Race. Le point en vidéo sur leurs chances de victoire ou de podium.
23/04/2009 - 09:38
Nerfs à vif
Ça grimace, ça sue, ça grogne à la bouée, mais dans un genre rentré, plein de retenue. La SOF a cette année un rythme bizarre, sans coup d’Est, ni Mistral, ni thermique. Au gré d’une brise asthmatique et de risées au petit bonheur la chance. La chance ?
Vos commentaires
XR et PAP : du vrai "hot stuff", dommage qu'il manque la photo de PAP...
Certes, oui ! Hélas, je n'ai pas réussi à récupérer le portrait de Pierre-Alexis Ponsot auprès du service concerné. Mais dès que je le récupère, je le rajoute, promis ! / Manon Borsi