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3 Questions sur la candidature olympique du Kitesurf

François Cuizinaud : «On travaille sur un nouveau format, hybride»

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  • Publié le : 16/12/2010 - 05:55
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"Race", version Kite La "Race" telle qu'elle est pratiquée en Kite, ressemble trait pour trait au format de régate que l'on retrouve aux Jeux, en planche. Photo © Franck-Sébastien Eymard (FFVL) Du Kitesurf aux Jeux pour remplacer la planche ?! Oui, vous avez bien entendu, c'est bien ce qui pourrait se produire d'ici à 2016, pour l'épreuve de Rio, car dans sa volonté de se plier aux exigences du CIO, l'ISAF étudie sérieusement la question. (Voir à ce sujet notre article <L'urgence olympique>, ici.)
Reste que le Kite est une discipline aux multiples facettes - que les voileux ne connaissent par forcément d'ailleurs - et que l'on ne sait pas vraiment laquelle sera mise an avant.

François Cuizinaud, DTN adjoint de la discipline auprès de la FFVL, la Fédération française de vol libre, fait le point pour nous.

François Cuizinaud François Cuizinaud est DTN adjoint du Kite auprès de la FFVL, qui a en charge ce sport en France. Photo © D.R. (François Cuizinaud) v&v.com : Le Kitesurf compte de nombreuses disciplines, laquelle pourrait devenir olympique en 2016 ?
François Cuizinaud : Le Kite se décline effectivement en quatre disciplines. Il y a la "Vitesse", qui consiste en des sprints sur 500 mètres. Depuis que les Kitesurfeurs se sont alignés sur le record du WSSRC, le public la connaît bien, mais elle se pratique aussi en-dehors de ces campagnes de record absolu. Il y a le "Freestyle", qui est une discipline d'expression où il s'agit de réaliser des figures notées par un jury. Il y a la "Vague", peu pratiquée en France, faute de spots. Et il y a la "Race", la régate comme on la trouve chez les planchistes olympiques. Ce sont les pratiquants de cette discipline qui, bien qu'ils ne soient pas les plus nombreux, ont poussé pour que le Kite devienne olympique. Mais attention, pour le CIO, aucun de ces formats n'est intéressant, car il n'est pas question de "refaire la voile aux JO" ! Le Comité olympique a demandé à ce que l'on travaille sur un nouveau format, hybride, comme le "Border Cross" en ski : ce serait des allers-retours au portant, sans remontée au près, avec l'obligation de réaliser une figure ou du saut d'obstacles au milieu, cette deuxième option étant plus difficile à mettre en place.


v&v.com : La probable future discipline olympique n'existe donc pas encore ?! Cela constitue un gros défi pour vous, non ?
F.C.
: Oui, c'est un contre-pied par rapport à nos disciplines, mais il est intéressant. D'un côté l'ISAF est tenu d'innover en apportant de l'image, de l'action, du rythme - ce qui est un gros enjeu - et de l'autre, c'est un retour de balancier intéressant pour nos pratiquants. Mais je suis assez satisfait de voir qu'on ne va pas changer la philosophie de notre discipline pour l'olympisme : cela va permettre au Kite de rester une discipline jeune, qui attire les jeunes. Alors que la "Race" est une discipline à maturité... Le défi pour nous, c'est d'être en concurrence avec la planche jusqu'en mai 2011, date à laquelle le choix entre les deux disciplines sera fait, ce qui constitue un délai très court pour constituer notre dossier. Dans l'intervalle, nous devons donc tester ce nouveau format - qui est déjà au calendrier des championnats de France -, et trouver le bon packaging. Au fond, c'est surtout ça : une question de bonne communication. Car, en fait on sait déjà que l'on sait faire ce nouveau format, puisque l'on sait déjà faire de la régate et déjà du "Freestyle".


Le "Freestyle", par le Kite Le "Freestyle" est une discipline déjà pratiquée, elle aussi, en Kite. Mais pour l'épreuve des Jeux, c'est vraisemblablement un format hybride, entre le "Freestyle" et la "Race" qui serait retenu. Photo © Franck-Sébastien Eymard (FFVL) v&v.com : La France semble à la pointe de cette évolution : comment nous situons-nous dans le monde du Kitesurf ?
F.C. :
Le Kite est d'abord une histoire française, exportée un temps aux Etats-Unis, puis revenue. Depuis 1998, la "Kitesurf Valley", c'est vraiment la France. La Fédération (Le Kite fait partie de la Fédération française de vol libre, et non pas de la FFV, ndlr.) compte 13 000 licenciés, dont 600 à 700 ont une pratique de compétition de bon niveau - 150 sont des "Racers". Mais tout le monde n'est pas licencié ; les chiffres de vente de matériel nous permettent d'évaluer le nombre total des pratiquants à 25 000. Il existe une centaine d'écoles de Kite en France, dont 80 sont labellisées par la Fédération, et une centaine de clubs. Pour vous donner un point de comparaison, l'IKA (L'IKA est l'Association internationale de Kite, ndlr.) qui s'occupe uniquement des compétiteurs évalue la pratique des pays par tranche de 100 coureurs... Et la France est le seul pays à dépasser les 100. Vingt-cinq pays sont membres de notre association internationale, mais du Kitesurf, on en trouve dans tous les pays, et la croissance de la pratique a été continue malgré la crise. La France se distingue aussi par le niveau technique de ses cadres, unique au monde. Et les coureurs français sont les meilleurs dans la plupart des disciplines. Oui, en Kite, notre pays est vraiment à la pointe.


...........
Aller plus loin...

Le site de la FFVL, ici.
L'argumentaire olympique présenté par l'IKA, ici, avec en prime quelques clips vidéos des plus... hum, disons "réalistes", pour soutenir ce plaidoyer.

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Vos commentaires

    • Bonjour, Je ne comprends pas l'intérêt de mettre le windsurf et le kitesurf en concurrence. De plus je trouve que le CIO et plus particulièrement l'isaf prennent des décisions sans connaitre le sujet. En effet ils veulent du spectacle pour faire de l'audience mais pour que le kitesurf marche bien il faut du vent (environ une dizaine de nœuds) et dans ces conditions la planche existe sous des formats très différent du format olympique et bien plus spectaculaire comme le Slalom et le Super X discipline dans laquelle le coureur doit réaliser le parcours le plus rapidement possible en sautant des obstacles et en réalisant des figures (ça ressemble au boarder cross des JO d'hiver). Antoine Albeau a d'ailleurs était champion du monde de ces 2 disciplines. Je crois que l'on compare 2 choses complètement différentes! Je vous conseille d'aller voir le site de la pwa où vous trouverez de nombreuses information et vous découvrirez un tout autre visage du windsurf. Je pense que si l'on favorisait les épreuves avec du vent soutenu le spectacle serai déjà beaucoup plus intéressant même sur les supports actuels. Cordialement

      Ajouté par niarni le 16/12/2010 - 21:01
    • En complément du commentaire de Niami, il est amusant dans la video épisode 1 de voir qu' évidemment les séries olympiques en N et B ne sont pas le windsurf ! Pourquoi pas du Kite aux JOs, mais pourquoi au sacrifice de la planche? Seul argument à double tranchant c'est leur (faible ressemblance). D'ailleurs, plutôt que de proposer un parcours race classique, ils "cherchent le format", alors qu'effectivement le Super X a déjà "expérimenté" ce type de format hybride, mais pour le windsurf, sauf que cela s'est passé bien en dehors de l'olympisme. Dur dur d'imposer une planche sans grand intérêt, la RSX, si après on la considère à tort comme un bon représentant du monde windsurf pour argumenter que c'est ringard. L'argument de trouver du vent plus fort en altitude est réel, mais peu valable pour des épreuves olympiques, avec la proximité et la rage qui les caractérisent. Bref, le windsurf, encore jeune dans l'olympisme subirait une grave injustice s'il disparaissait si tôt.

      Ajouté par abat le 21/12/2010 - 16:38