Actualité à la Hune

5O5

L’anti-âge de la voile légère

Le roi des dériveurs, le 5O5, a une réputation salée : celle d'être un bateau de vieux nantis ! Pendant longtemps, cela a été assez vrai... Jusqu'à ce que l'association de classe réagisse et crée une épreuve réservée aux jeunes. Aujourd'hui, les chiffres l'attestent : le Cinquo est devenu la preuve que la voile légère peut revivre en France. Après le succès du National Espoirs - auquel la 5O5 Class doit cette récente régénération -, est lancé le Challenge Grandes Écoles, une nouvelle épreuve pour les moins de 26 ans... Enquête sur cette nouvelle formule anti-âge.

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  • Publié le : 14/01/2010 - 07:54

L'actuel président de classe Cinquo, Michel Boiry, 67 ans, explique : <Comment dire ? Le 5O5, ce n'est pas un dériveur tout à fait nouveau. (Il a été créé en 1954 par John Westell, ndr.) Il est longtemps resté aux mains de ceux qui l'avaient créé, c'est-à-dire ceux qui naviguaient dans les années 60 et ont toujours gardé un bon niveau. L'avantage, c'est que lorsque la pratique du dériveur a commencé à décroître, le Cinquo a mieux résisté car il est toujours resté un noyau dur, autour de Marcel Buffet. Mais cette génération a fini par partir. Et puis, il y a six ou sept ans, la 5O5 Class a réagi. On a eu envie de changer, de recruter des jeunes... C'est vrai que le Cinquo est un bateau cher * et a un côté précieux. C'est pourquoi on a créé une première course exclusivement réservée aux moins de 26 ans et pour laquelle les propriétaires prêteraient leurs bateaux : le National Espoirs.>

Xavier Broise, premier Espoir 5O5 2009 Xavier Broise, qui barre ici le 5O5 de Nicolas des Jamonières lors du Swiss Open, a été sacré meilleur espoir 2009 de la série. Le Cinquo a manifestement encore de belles années de succès devant lui ! Photo © Sophie Marc-Martin Alors qu'en 2010, cette épreuve en sera à sa 6e édition, l'initiative a clairement réussi : non seulement les "vieux" propriétaires apprécient, mais plusieurs jeunes ont mordu à l'hameçon et se sont convertis au Cinquo. Selon les statistiques fédérales, sur près de 280 coureurs classés, 71 ont moins de 26 ans. Parmi eux, quarante ont couru le dernier National Espoirs remporté par Xavier Broise.

A 24 ans, celui-ci vient d'être sacré meilleur espoir de la série alors qu'il navigue en 5O5 depuis cinq ans. Cet ex coureur de 420 et de Laser Radial explique qu'au départ, s'il a changé de support, c'est un peu par hasard et un peu par opportunisme : arrivé dans la région parisienne pour ses études, il s'est mis en quête d'un nouveau plan d'eau. Or en Île-de-France, les flottes de 5O5 sont très actives et il a rapidement été invité à équiper. Puis le National Espoirs lui a fait rencontrer différents propriétaires, jusqu'à Nicolas des Jamonières avec lequel il navigue maintenant à l'année, y compris sur les événements internationaux. En 2009, l'équipage a ainsi terminé 32e du championnat d'Europe.


Ambition : relancer la voile légère étudiante,
depuis longtemps dissoute dans un univers tenu par l'habitable
.


Le président de la classe ajoute quelques chiffres : en cinq ans, une trentaine d'espoirs ont rejoint les rangs des 130 régatiers réguliers. L'effet a fait boule de neige et des trentenaires se sont eux aussi rapprochés du Cinquo. <Quantitativement, les moins de 35 ans comptent aujourd'hui pour près de 35 % des effectifs actifs de la classe. Ces nouveaux équipages ont surtout remplacé [l'ancienne] génération et contribué à l'augmentation régulière de l'activité. À titre d'exemple, la participation au national 5O5 est passée d'une moyenne de 40-45 bateaux dans les années 2000-2005, à une flotte de plus de 60 bateaux à l'heure actuelle.>

Le 5O5 à la loupe

Longueur de coque
Largeur
GV
Foc
Spi
Poids

Architecte

5,05 m
1,88 m
12,30 m2
4,94 m2
27 à 29 m2
127,40 kg

John Westell

Vantant les qualités du roi des dériveurs, Xavier justifie sans peine le succès de cette formule anti-âge : <Même sans être propriétaire de mon 5O5, j'essaie d'amener d'autres jeunes sur cette série en invitant mes copains à naviguer. Leur a priori est toujours le même : "Le 5O5 est une série de vieux." N'empêche que la dernière fois, à l'occasion d'un entrainement venté au Havre, la conclusion de mon invité était tout autre. Le 5O5 demande un bel investissement physique à l'équipier !
Bon, bien sûr qu'en 5O5 l'ambiance n'est pas la même que dans une série jeune. Globalement, la population est plus mature, cela se ressent particulièrement sur les événements sociaux. Et en mer, le niveau est plus hétérogène que sur une série jeune où une grosse partie de la flotte est au taquet pour préparer le championnat de France Espoir. Mais en 5O5, la diversité est plus grande ; il y a d'anciens champions qui sont restés très affûtés et des débutants...>


Le Challenge Grandes Écoles
, nouvelle initiative anti-âge

Forte de ce renouveau, l'association des 5O5 a annoncé au dernier salon nautique la création d'un second événement dédié aux jeunes : le Challenge Grandes Écoles. Cette nouvelle épreuve a pris un peu au National Espoirs original et un peu aux grandes courses étudiantes, car son ambition est plus marquée : relancer la voile légère étudiante, depuis longtemps dissoute dans un univers tenu par l'habitable. <A priori, cela devrait recouper une population qui a déjà un haut niveau de pratique dériveur, juge Michel Boiry. Pour la série, cela veut dire une augmentation du niveau.>
En 2010, pour des raisons pratiques, son classement sera extrait de celui du National Espoirs, à courir les 3 et 4 juillet, sur le Lac de la Forêt d'Orient. Mais dès 2011, les équipages devront être autonomes et se disputeront le titre sur plusieurs événements du calendrier de classe.

Enfin, Xavier résume bien la situation : <J'ai du mal à comprendre tous ces jeunes qui avaient un bon niveau en 420 ou en Laser au moment où je naviguais - moi, je n'évoluais qu'à un niveau moyen -, et qui se retrouvent aujourd'hui à l'embraque sur un First. Le plaisir ne me semble pas être tout à fait le même, si ? J'ai peur qu'ils y aient perdu quelque chose... Alors qu'en 5O5, j'éprouve toujours la même satisfaction intellectuelle et physique : je barre, j'élabore tactique et stratégie, le Cinquo, toujours au planning, fait presque croire que c'est son état naturel...>
Cela laisse largement de quoi réfléchir, en effet !

...........
* Prix d'un 5O5 Duvoisin, prêt à naviguer, au 31/12/09 : 24 900 euros. A titre de comparaison, un 470 sans les voiles coûte entre 12 990 et 14 500 euros et un Fireball complet entre 10 000 et 16 000 euros.

Retrouvez le site de la 5O5 Class, ici.

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Vos commentaires

    • EUH ! J'ai bien lu 24 900 Euros !!! A titre de comparaison un Catamaran F18 neuf prêt à naviguer ce trouve dans les 18 000 Euros ! Offre surement plus qu'un Dériveur en sensations et permet bien sûr de tourner entre trois bouées sur des courses qui rassemble plus de 60 participants mais aussi de faire des raids (aller à Houat par exemple !) Je ne veux pas provoquer un débat stérile Dériveurs / Catamarans de sport mais là rapport qualité prix, il y a un gros problème !

      Ajouté par romgi le 16/01/2010 - 14:42

      Cette zone de commentaire est limitée à 1500 caractères.

    • En effet, le 5O5 compte parmi les dériveurs chers et c'est conscients de ce "défaut" que les membres de la 5O5 Class ont eu les différentes initiatives dont il est question dans cette article. Par ailleurs, Xavier Broise indiquait qu'un 5O5 d'occasion en bon état peut se trouver à 10 000 euros, auxquels il faudrait ajouter 2 000 euros pour un jeu de voiles neuves. Preuve que le marché de l'occasion est toujours une bonne alternative ! Manon Borsi

      Ajouté par mborsi le 25/01/2010 - 11:35

      Cette zone de commentaire est limitée à 1500 caractères.