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Equipe de France Londres 2012

Ou comment faire du neuf avec de l’ancien

, ça ne se trouve pas sous le pas d'un cheval. Aussi le fonctionnement du haut niveau français a-t-il été revu et corrigé... De la diminution du nombre d'athlètes retenus en Equipe à la (ré)édition des collectifs jeunes, en passant par le remaniement de l'encadrement, le DTN Philippe Gouard montre comment d'un bon coup de balai, on dépoussière une stratégie.

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  • Publié le : 24/04/2009 - 16:50

Equipe de France 2009 Presque au complet sur l'image, l'Equipe de France 2009 compte une petite trentaine de membres. Photo © Jean-Marie Liot (DPPI / FFV) L'objectif du DTN Philippe Gouard et du Président Jean-Pierre Champion est toujours clair : ramener quatre médailles minimum de Londres, dont deux en or. Aussi définissent-ils leur stratégie pour les quatre (trois et demie) années à venir : donner un grand coup de balai.

L'idée grandiose est de réunir le haut niveau français - l'olympisme, le match-race, l'handivoile et la course au large - dans une seule maison ; c'est-à-dire, au delà de la Fédération. L'universalité de notre sport, la transversalité et la mutualisation des compétences prennent donc l'adonnante. Bon. En attendant que Desjoyeaux vienne tirer des bords en Laser pour enrichir ses acquis aux côtés de l'Equipe de France, comme en rêve Jean-Pierre Champion, cette nouvelle distribution administrative permettra toujours d'économiser quatre sous, sachant que la question financière devient problématique.
Un temps, on a sûrement espéré que la proximité des prochains Jeux - Londres, plutôt que la Chine, jugez plutôt - suffirait à faire des économies. Depuis, la crise économique a quelque peu changé la donne, et les chances que le Ministère s'aligne financièrement sur des conventions d'objectifs dingues s'amenuisent.

De 27 % de médaillés à 100 %

Pourcentage de réussite

En 2000, au retour de Sidney où les favoris français avaient raté leur prestation (les autres n'avaient pu se présenter), la conclusion qu'il fallait tabler sur toutes les séries, quelles qu'aient été leurs cotes présumées et la réussite des outsiders, s'imposait.
En 2004, la France était représentée dans 100 % des séries et rapportait deux médailles, soit une réussite de 18 %.
En 2008, avec 100 % des séries qualifiées, trois médailles revenaient, soit une réussite de 27 %.
Quel que soit l'objectif de 2012, la réussite des athlètes devra donc être de 100 %, s'il est question de n'envoyer que des athlètes "médaillables" !

N'empêche que les quatre médailles ont été annoncées... A la veille de la Semaine olympique française, l'annonce du DTN était donc largement attendue.
En préambule, Gouard a confirmé sa volonté de qualifier les dix séries, précisant néanmoins que seuls les coureurs médaillables seraient envoyés à Londres.

Aïe, la nuance est de taille ! Non seulement cette décision ne risque pas de faire faire de grosses économies (l'envoi d'un athlète aux Jeux représente peu de chose ramené à ses quatre ans de préparation), mais d'un point de vue sportif, elle semble dangereuse.
Plus aucune chance pour un jeune coureur de se former à l'épreuve des Jeux ; on a pourtant beaucoup parlé de Jean-Baptiste Bernaz et Sarah Steyaert, âgés d'une vingtaine d'années aux Jeux de Pékin et néanmoins finalistes.
Guère plus de chances pour un outsider de réaliser une performance.
Plus de possibilité pour un favori de se rater.

Réduction relative du collectif
Côté Equipe de France, Gouard comptabilise : <Notre volonté est d'avoir deux équipages maximum dans les séries technologiques (Star, Finn, 49er) et trois maximum en 470, Laser et Planche à voile.>*
Plus simplement, s'il avait voulu en sélectionner davantage, cela n'aurait été guère possible : la pénurie d'athlètes excellents reste d'actualité en France. Faustine Merret, les frères Bonneau, Pascal Rambeau et d'autres se retirant de l'olympisme, l'Equipe de France se retrouve orpheline de ses champions et le DTN peine, ne serait-ce qu'à retenir les autres.

En cela, il n'y a rien de surprenant à ce que la FFV se soit décidée à (re)lancer un système de détection structuré. Concrètement, un "collectif France Espoir" réunit maintenant les talents prometteurs** - ceux qui n'étaient pas comptés parmi les deux ou trois meilleurs retenus en Equipe de France.
Nicolas Huguet - ancien planchiste de niveau international et aujourd'hui responsable de ce collectif - explique : <L'idée de ce groupe est de permettre à des jeunes athlètes qui ont entre 22 et 25 ans de passer de la performance à l'excellence. Il s'agit d'une transition vers l'équipe de France que certains pourraient intégrer dans trois à cinq ans.>
A la SOF, ils sont les Julien Dortoli / Noé Delpeche et Axel Silvy / Ulysse Hoffmann qui pointent finalement dans les dix premiers.
Les Bleuets, enfin, menés par les athlètes reconvertis en jeunes entraineurs, regroupent les moins de 19 ans.

Monarchie absolue

Quant à l'encadrement, il est <profondément remanié> et c'est peu de le dire. Le poste de directeur des Equipes de France anciennement occupé par Claire Fountaine n'est pas repris. A "sa place" cinq <coach-manager> qu'assistera une pléthore d'entraîneurs****. En résumé, seul Philippe Gouard <assurera la sélection de l'Equipe>, précise-t-on, avec l'aide d'experts et d'anciens coureurs.

La formule a quelque chose de floue qui laisse perplexe. Certes, Gouard a convaincu en deux olympiades que ses intuitions étaient souvent les bonnes et sa manière de mener les équipes performante. Mais ses décisions résultaient aussi d'une réflexion partagée entre Claire Fountaine et Henri Bacchini, alors vice-président de la FFV ; le triumvirat, s'il a eu fait grincer des dents, répondait par ailleurs d'un certain équilibre et de pondération.

Tous les athlètes ne s'enchanteront pas de se retrouver dès lors face à un seul interlocuteur et quelque sentiment d'aigreur pourrait les animer, le jour où les noms retenus dans les différents collectifs bougeront... Et d'ici 2012, cela ne manquera pas.

...........
* Athlètes sélectionnés en Equipe de France :

RSX Femmes : Pauline Perrin, Charline Picon.
RS:X Hommes : Julien Bontemps, Samuel Launay, Nicolas Le Gal.
Laser Radial : Sophie de Turckheim, Sarah Steyaert.
Laser : Jean-Baptiste Bernaz, Félix Pruvot.
Finn : Thomas Le Breton, Jonathan Lobert.
470 Hommes : Nicolas Charbonnier & Baptiste Meyer, Pierre Leboucher & Vincent Garos.
470 femmes : Camille Lecointre & Mathilde Géron, Ingrid Petitjean & Nadège Douroux.
49er : Emmanuel Dyen & Stéphane Christidis, Morgan Lagravière & Yann Rocherieux.
Star : Xavier Rohart & Pierre-Alexis Ponsot.

** Athlètes retenus dans le Collectif France Espoir :

RS:X : Marine Rambaud, Eugénie Ricard, Antoine Cordonnier, Quentin Henry, Benjamin Tillier
Laser : Mickael Bordes, Rodrigue Cabaz, Jean-Baptiste Gellée.
470 : Béranger Balzeau & Mathieu Fountaine, Sofian Bouvet & Jérémie Mion, Alexandre Rossignol & David Boudgourd.
49er : Julien D'Ortoli & Noé Delpech, Axel Silvy & Ulysse Hoffman.

*** Athlètes détectés pour les Bleuets :
RS:X Filles : Léonore Bosch, Sybille Bosch.
RS:X Garçons : Joseph Gueguen & Hadrien Mourichon.
420 Filles : Pauline Mazzochi & Emilie Pillon, Ambre Vergy & Laureline Dehaye.
420 Garçons : Sacha Pellison & Nicolas Rossi, Gabriel Shozbek & Thibaut Soller.
Laser Filles : Marie Bolou, Mathilde de Kerangat.
Laser Garçons : Pierre Quiroga, Yvan Thelier.
Hobbie Cat 16: Romain & Valentin Bellet.

**** La pyramide des entraineurs est définie comme suit :
Philippe Gouard sera entouré de trois <cellules> et s'appuiera sur cinq coachs-managers. La cellule <opérationnelle> sera sous la coordination d'Alain Champy. La cellule des <conseillers> sous celle de Philippe Delhaye. La cellule du <suivi socio-professionnel> des athlètes sous celle de Guillaume Chiellino qui tiendra également le rôle de <coordinateur administratif>.
Les cinq Coachs-managers assumeront des fonctions transversales en participant à la stratégie de préparation de l'Equipe, à la validation puis à l'évaluation des projets et plus globalement en constituant un groupe de travail et de conseil auprès du DTN. En outre, ils organiseront la préparation et le fonctionnement des séries dont ils auront plus particulièrement la responsabilité. Il s'agit de Pascal Chaullet (Planches à voile), Guillaume Chiellino (49er), Philippe Michel (Match-racing et 470), Bertrand Dumortier (Star), Yves Léger (Laser, Laser Radial et Finn).
Outre ces coachs-managers référents, chacune des séries disposera de plusieurs entraîneurs <référents>, d'autres pouvant intervenir plus ponctuellement.
Planches RS:X Hommes et Femmes : Pascal Chaullet, Yann Bouverne, Stéphan Jaouen.
Laser : Lionel Pellegrino, François Husson, François Le Castrec.
Finn : François Le Castrec .
49er : Guillaume Chiellino, Nicolas Huguet.
470 : Philippe Michel, Didier Bernard, Nicolas Le Berre, Dimitri Deruelle.
Star : Bertrand Dumortier, Philippe Michel .
Match-race féminin : Philippe Michel, Philippe Gomez (qui s'occupera également de la réglementation), Thierry Poirey. Ainsi que Marc Bouet, Laurent Bregeon et Fabrice Levet en intervenants ponctuels.

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