La classe internationale des 49er donne un coup de jeune à cette série qui n'a que 12 ans, lui offrant un nouveau mât tout carbone, une GV à corne et un foc redessiné. Stéphane Christidis - sélectionné aux Jeux d'Athènes dans cette série - a essayé cette nouvelle formule et la commente pour nous... Selon lui, le 49er pourrait devenir plus performant... et plus accessible pour les débutants ! Que du bonheur !
Note :
Dessiné en 1996 par Julian Bethwaite, le 49er se dote aujourd'hui d'une nouvelle jauge qui devrait augmenter ses performances et le rendre plus accessible.
Photo © Mick Anderson (Sea & See / DPPI)
Le skiff olympique, aussi spectaculaire que pointu, est en passe d'emporter un sacré pari ! Evoluer dans l'idée d'augmenter ses performances et son accessibilité ! Au 1er avril prochain, une nouvelle jauge des 49er prendra effet : un mât tout en carbone remplacera l'ancien espar - dont un partie seulement des tubes était en carbone, l'autre étant en aluminium - et une GV à corne l'ancienne coupe. Les volumes du foc seront également remodelés et sa surface légèrement augmentée.
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Le 49er à la loupe |
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Longueur de coque Architecte |
4,995 m Julian Bethwaite |
Le changement de matériau constitue la plus importante de ces évolutions, car le choix du carbone permet non seulement de diminuer le poids du gréement, mais surtout d'abaisser le centre de gravité du skiff. Son moment ainsi diminué, le 49er devrait s'affranchir de l'un de ses défauts légendaires : son instabilité.
Les propriétés dynamiques du carbone devraient par ailleurs offrir au gréement de fouetter davantage, rendant le 49er d'autant plus réactif, mais aussi plus sain à la barre.
Le prix de l'espar devrait lui aussi fouetter autrement... Si les trois tubes originaux coûtaient environ 2 500 euros, le tout carbone se négocie aujourd'hui à hauteur de 3 200.
Le nouveau jeu de voiles - la GV comptant maintenant une corne - devrait quant à lui présenter un ensemble plus harmonieux et plus facile à régler... Sachant que le voilier devra maintenant porter une plus grande attention à la taille des guindants, le cintrage des espars en carbone évoluant d'une unité à l'autre.
Sur cette image, il est facile de voir la différence entre ancien et nouveau modèle de GV du 49er : à gauche, les Belges ont une chute classique ; à droite, Danois et Espagnols utilisent une GV à corne.
Photo © D.R. (Stéphane Christidis)
Essai du "nouveau" 49er par Stéphane Christidis
Depuis deux mois, les nouveaux gréements et voiles ont été livrés en France et les gars de l'Equipe de France de 49er les testent assidûment.
A Mallorca - où la première épreuve européenne de la Coupe du monde va débuter d'ici une quinzaine de jours -, ils ont retrouvés les meilleurs équipages étrangers pour un stage de préparation à cette épreuve. La plupart utilisent le nouveau matériel et les manches d'entraînements s'avèrent très disputées.
Stéphane Christidis, sélectionné au Jeux d'Athènes et nouvel équipier d'Emmanuel Dyen, s'enthousiasme pour cette nouvelle combinaison.
Au près, la chute des GV à corne est caractéristique : le vrillage est important et les hauts sont ouverts.
Photo © D.R. (Stéphane Christidis)
v&v.com : Comment se comporte le 49er avec son nouveau gréement ?
SC : Le poids du mât étant diminué de près de 50%, le 49er se retrouve avec moins de poids dans les hauts, ce qui le rend beaucoup plus stable - la différence est très frappante. Ses accélérations sont plus nettes qu'avant et le bateau est plus nerveux... Cette meilleure réactivité est aussi héritée du matériau lui-même. Le carbone a une manière plus vivante de travailler.
v&v.com : Quel intérêt a la GV à corne ?
SC : Curieusement, ce qui m'a d'abord marqué est qu'elle est mieux taillée. Avant, elle ne tombait pas très bien. Beaucoup de plis déformaient le guindant. Le fait que le mât est maintenant tout carbone offre probablement une courbe plus harmonieuse qui est plus facile à assortir à la GV. Je fais le même constat avec le foc où la fermeture éclair a remplacé les clips sur le guindant. Les réglages sont plus faciles à faire. Pour ce qui est de la corne, elle favorise l'ouverture de la chute. Lorsqu'il y a du vent, le 49er est donc plus maniable. Au portant, la différence est flagrante ; la chute étant mieux tenue, les trajectoires s'améliorent - les tornadistes avaient fait le même constat lorsqu'eux-mêmes avaient adopté les GV à corne. Au près dans les petits airs, par contre, les choses se corsent : tenir la corne demande une attention plus importante. Mais dès que l'appui est fait, le 49er gagne en cap et en vitesse par rapport à avant.
v&v.com : Saurais-tu dire où en sont vos concurrents, alors qu'en ce moment vous naviguez ensemble à El Arenal* ?
SC : Tout le monde a déjà adopté le nouveau gréement et je dirais que les écarts de vitesses se sont réduits. La flotte est plus homogène. Je crois que la nouvelle jauge va permettre d'ouvrir le jeu et rendre le 49er plus accessible.
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Répondant à l'engouement de l'hémisphère Sud pour les 18 Pieds australiens, l'ISAF organise en 1996 un concours afin de créer une nouvelle série olympique pour les Jeux de Sidney, en 2000 : un skiff à double trapèze. C'est l'Australien Julian Bethwaite qui propose le plus bel engin. Une voilure hallucinante montée sur une coque de 4,995 m de long pour seulement 80 kilos et dotée d'ailes rétractables : le 49er déchaine les navigateurs à la recherche de sensations. |
Nouvelle modification prévue
Si la nouvelle jauge concernant le mât et la GV prend officiellement effet dès le 1er avril, la classe des 49er travaille déjà sur la prochaine évolution de la jauge : gagner six kilos sur les ailes du skiff, ce qui permettrait de rajouter de la matière dans la coque et d'ainsi la renforcer.
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*Le Trophée Princess Sofia, qui aura lieu du 4 au 10 avril prochains à Mallorca, se court à El Arenal, au Sud-Est de Palma, pour les 49er, les 470 et les Finn.
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