Jeux Olympiques de Londres 2012

3 questions à Emmanuel Dyen et Stéphane Christidis

Français, respectivement 29 ans et 28 ans, coureurs en 49er, en route pour leur troisième préparation olympique dans un équipage recomposé.

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  • Publié le : 13/01/2009 - 21:10

Emmanuel Dyen Emmanuel Dyen, 29 ans. Le barreur sélectionné aux Jeux de Qingdao en 49er, repart pour Londres aux côtés de Stéphane Christidis. Photo © Gilles Martin-Raget (FFV) Emmanuel Dyen. "Manu". Savoyard formé sur les lacs. Discret. Adepte du double : après le 470, il plonge dans le 49er. Fin barreur au gabarit léger. Don pour le petit temps. Deux préparations olympiques aux côtés de Yann Rocherieux. 10e des Jeux de Qingdao cet été.
Stéphane Christidis. Méditerranéen. Euphorisant. Equipier en 470 avant de passer en 49er. Deux préparations olympiques aux côtés de Nicolas Charbonnier, puis Marc Audineau, enfin Morgan Lagravière. 11e des Jeux d'Athènes, en 2004.

Pour leur troisième préparation olympique, les deux hommes ont choisi de s'associer... Un nouvel équipage qui pourrait présenter un beau potentiel !

v&v.com : Pourquoi cette nouvelle association ?
ED :
Chacun de notre côté, nous souhaitions repartir pour les Jeux de Londres en gardant nos mêmes objectifs de médaille, mais avec nos ex équipiers respectifs, nos marges de progression étaient trop restreintes. Avec eux, décrocher le podium olympique aurait été difficile. Et puis Stéphane et moi cumulons deux participations olympiques.
SC : Le relationnel a également pesé dans notre décision. Avec Manu, on se connaît depuis nos 14 ans. Alors que sur l'eau nous étions adversaires en 420, à terre on s'entendait déjà bien. Cette cohésion est importante. Durant ma carrière, j'ai eu à naviguer avec cinq barreurs différents, hélas ces projets n'ont pas toujours eu l'envergure qu'ils méritaient. Certains se sont terminés trop vite, nécessitant que d'autres fassent la jonction tant bien que mal. Le projet que nous montons aujourd'hui part sur quatre ans. C'est une base solide.

v&v.com : Quelles difficultés risquez-vous de rencontrer ?
SC :
Personnellement, j'ai compris qu'au début d'une association, tout est toujours tout beau et tout rose... Hélas, c'est un piège que nous voulions éviter ! C'est pourquoi avant même de faire un essai en mer, nous avons passé deux jours à déterminer des bases saines. Qui aime faire quoi à bord ? Quelle est la meilleure planification des tâches ? Quelles sont nos attentes respectives ? En équipage, il faut certes faire des concessions, mais pas trop ! Aujourd'hui, le problème qui nous reste à résoudre est le suivant : nous nous retrouvons à deux décideurs.
ED : Nous nous efforcerons de partir sur une répartition standard des tâches. Par exemple, au départ, c'est l'équipier qui regarde au vent et le barreur qui se charge de sous le vent. Puis nous allons faire des ajustements sur différentes épreuves. Notre objectif est de ne pas perdre notre richesse.
SC : Avec un tel objectif, les questions du genre "sera-t-on assez bons ?", "est-ce que cela suffira ?", sont impossibles à écarter définitivement. Mais honnêtement, je crois que c'est le premier projet où je n'ai pas d'inquiétudes. Je sais que l'entente va être bonne et que Manu est rigoureux. C'est ce qui compte le plus...

v&v.com : Dernièrement, après certaines contre-performances enregistrées aux Jeux, le potentiel des "associations en or" semble remis en question. Ne craignez-vous pas de reproduire cette erreur ?
SC :
Pas vraiment, car nous nous connaissons depuis longtemps et l'idée de monter un équipage ensemble ne date pas d'hier ! Le timing seul nous a empêché de nous y mettre plus tôt. Notre différence avec l'équipage de star de Xavier Rohart et Pascal Rambeau est qu'eux n'étaient pas proches avant de se réunir.
ED : Le plus difficile pour nous sera d'accepter de nous confronter, alors que l'habitude en année post olympique est de couper le fil. Mais nous avons besoin de cette mise en danger. D'ailleurs, nous nous fixons des objectifs difficiles. Nous nous donnons une saison pour nous adapter et dès 2010, nous voulons faire des résultats... C'est la condition pour que nous continuions.

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