Note :
Après avoir labouré la concurrence durant toute la saison, il ne manque plus à Pierre Leboucher et Vincent Garos (470) qu'à accrocher un podium mondial et assurer leurs sélections.Photo @ Lionel Cottin FFV
Le cœur de la planète olympique s’emballe gentiment à 14 000 kilomètres d’ici, à Perth (Australie), alors que dans une dizaine de jours s’ouvre le championnat du monde ISAF… Et le nôtre de battre au diapason. Ambitieuse, la France a dépêché 41 athlètes, soit 25 équipages dont le potentiel fait rêver à une belle razzia de podiums.
Néanmoins et comme souvent, la partie est loin d’être gagnée d’avance. Car en plus d’une concurrence tout aussi à cran et fournie – aucun coureur n’a fait l’impasse sur le championnat, Perth étant la première des deux épreuves qualificatives aux Jeux pour les nations (voir infra) –, les Français ont quelques motifs de souffrir de la pression et de se prendre les pieds dans le tapis : ils courent également à Perth la dernière des quatre régates d’observation retenues par le DTN Philippe Gouard pour les sélections individuelles... Alors que la plupart de leurs concurrents en ont fini de cette épreuve.
| Calendrier des régates |
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5 au 11 décembre : RS:X femmes, Laser Radial, Finn, 470 hommes, match-race féminin. 12 au 18 décembre : RS:X hommes, Laser, 470 femmes, 49er, Star, match-race féminin. |
Après la semaine olympique française (avril), la Sail for Gold de Weymouth (juin) et, selon les cas, le championnat d’Europe de la série (juillet) ou le Test Event (août), les choses se sont déjà bien clarifiées, mais dans le système non mathématique retenu par la FFV, il est difficile de se projeter avec certitude... Gare aux pronostics !
Quelques jours avant que ses coureurs ne rejoignent l’hémisphère Sud pour deux semaines d’entraînement sur place, Gouard prévenait : «Une médaille d’or permet de sur-exister. Un podium permet d’exister. Sans podium, on n’existe pas. C’est dans les trois ou rien ! [Aux Jeux], il y a peu de bateaux. C’est une course longue, difficile physiquement et extraordinairement contraignante. Ce n’est pas un championnat du monde. Certains concurrents peuvent se révéler sur les JO alors que d’autres peuvent être anesthésiés par l’enjeu. C’est pourquoi il n’est pas toujours évident de prendre celui qui est le premier sur le papier. Il se peut que je prenne le n°2.» Cette règle, décrite à l’occasion comme violente, a néanmoins été annoncée de longue date par un DTN qui a fixé à six médailles l’objectif des Français aux Jeux. Un gros objectif. Qui pourrait presque éclipser le mondial lui-même.
En parallèle des sélections individuelles propres à chaque pays, le championnat du monde est le premier rendez-vous pour qualifier sa nation pour les JO de cet été, car le nombre de place est limité. La bataille promet d"être âpre.Photo @ Richard Langdon Ocean Images / Perth ISAF Sailing World ChampionshipOn n’est pourtant encore qu'à huit mois des Jeux. A la pointe Sud-Ouest de l’Australie, le plan d’eau de Fremantle – plan d’eau ouvert sur l’océan Indien, sur lequel s’est couru la Coupe en 1987 et où seront lancées les onze manches au programme du mondial (16 pour les 49er) – est réputé venté, particulièrement en décembre alors que l’été s’installe dans l’hémisphère Sud. Le régime de Sud-Ouest dominant souffle régulièrement au-dessus de 15 nœuds, accompagné d’une mer formée... Des conditions qui ne sont pas sans rappeler celles du plan d’eau olympique de Weymouth. Les équipages engagés savent à quoi s’attendre.
Ultime formalité
Le championnat du monde ISAF 2011 se court à Perth, du 5 au 18 décembre prochain. A huit mois des JO, l"ensemble des dix séries olympiques se retrouvent pour un ultime affrontement au plus haut niveau. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir.)Photo @ D.R. GoogleContrairement à ce que l’on pourrait supposer – surtout si l’on se rappelle le principe d’«universalité» auquel tient beaucoup le CIO, seules les meilleurs nations concourent aux Jeux. La règle est valable pour la plupart des disciplines et doit permettre de contrôler le nombre d’athlètes… Donc les coûts.
Pour la voile, c’est la Fédération internationale qui se charge de la qualification de ces nations. Elle impose donc des quotas par série (voir détail infra) et des épreuves sélectives.
Si pour 2012, ces qualifications par pays sont tardives – elles débutent à l’occasion de ce mondial de Perth et se termineront aux mondiaux de classe de la saison 2012 –, elles ne devraient pas inquiéter les Français. Cela n’a pas toujours été le cas ! En effet, les 25 équipages inscrits en Australie sont suffisamment nombreux régulièrement classés aux avant-postes pour assurer le coup.
D’autant que ce sont 75 % des places olympiques qui seront offertes à Perth. La distribution est simple comme le montre cet exemple : si le podium d’une série est occupé par deux Français et un Brésilien, deux nations sont qualifiées, la France et le Brésil. Notez que dans une série où 10 "places nation" sont en jeu, on peut ainsi envisager que l’athlète qui qualifiera son pays se classe bien au-delà de la 10e place*.
En Laser Radial, Sarah Steyaert et Sophie de Turckheim jouent des sélections serrées, dont le dénouement attendu se jouera à Perth, comme pour tous les coureurs français.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPIAu vu de leurs récents résultats, il n’y a guère qu’en Star, où seules onze nations seront qualifiées à Perth, que nos Français encourent un (petit) risque de rater cette qualification. Dans ce cas, ils se rattraperont obligatoirement sur le mondial 2012, organisé en mai à Miami.
| Nombre de nations à qualifier à Perth pour les JO |
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RS:X femmes : 20 RS:X hommes : 28 Laser Radial : 29 Laser : 35 Finn : 18 470 femmes : 14 470 hommes : 19 49er : 14 Match-race : 8 Star : 11 |
Par ailleurs, le règlement olympique offre d’emblée sa place dans chaque série au pays hôte des Jeux. En bref, les Anglais sont déjà qualifiés, mais comme ils occupent généralement les meilleures places, c’est une opération plutôt intéressante pour leurs concurrents !
25 équipages en lice
RS:X femmes
Charline Picon. SOF : 2e. Sail for Gold : 5e. Test Event : 5e.
Eugénie Richard. SOF : 6e. Sail for Gold : 9e. Européen : 17e.
Pauline Perrin. SOF : 11e. Sail for Gold : 18e. Européen : 3e.
En 2010, Ingrid Petitjean et Nadège Douroux avaient terminé 2e de la régate de préparation au mondial de Perth, une performance qui pourrait être de bon augure... Après quelques semaines d"arrêt consécutives à la blessure de Nadège, les Marseillaises semblent revenues à leur meilleur niveau, si la rumeur dit vrai.Photo @ Richard Langdon Ocean Images / Perth ISAF Sailing World ChampionshipRS:X hommes
Julien Bontemps. SOF : 2e. Sail for Gold : 8e. Test Event : 6e.
Louis Benoît Hug. SOF : 14e. Sail for Gold : 19e. Européen : 10e.
Pierre Le Coq. SOF : s.o. Sail for Gold : s.o. Européen : 5e.
Benjamin Tiller. SOF : s.o. Sail for Gold : s.o. Européen : s.o.
Laser Radial
Sarah Steyaert. SOF : 2e. Sail for Gold : 24e. Européen : 20e.
Sophie de Turckheim. SOF : 9e. Sail for Gold : 5e. Test Event : 7e.
Laser
Jean-Baptiste Bernaz. SOF : 25e. Sail for Gold : 31e. Test Event : 9e.
Finn
Jonathan Lobert. SOF : 22e. Sail for Gold : 2e. Test Event : 2e.
Thomas Le Breton. SOF : 6e. Sail for Gold : 14e. Européen : 4e.
470 femmes
Camille Lecointre et Mathilde Géron. SOF : 9e. Sail for Gold : 3e. Test Event : 6e.
Ingrid Petitjean et Nadège Douroux. SOF : 11e. Sail for Gold : 27e. Européen : s.o.
Emmanuelle Rol et Hélène Defrance. SOF : 5e. Sail for Gold : 12e. Européen : 7e.
En Finn, Jonathan Lobert a gagné la réputation d"être l"un des seuls adversaires de Ben Ainslie à pouvoir l"inquiéter. Le Français n"en reste pas moins toujours en sélection face à Thomas Le Breton.Photo @ Jean-Marie Liot FFV / DPPI470 hommes
Pierre Leboucher et Vincent Garos. SOF : 1er. Sail for Gold : 1er. Test Event : 1er.
Nicolas Charbonnier et Jérémie Mion. SOF : 2e. Sail for Gold : 11e. Européen : 12e.
Sofian Bouvet et Vincent Guillarm. SOF : 12e. Sail for Gold : 23e. Européen : 24e.
49er
Emmanuel Dyen et Stéphane Christidis. SOF : 64e. Sail for Gold : s.o. Test Event : 6e.
Julien d’Ortoli et Noé Delpech. SOF : 2e. Sail for Gold : 9e. Européen : 19e.
Mathieu Frei et Yann Rocherieux. SOF : 17e. Sail for Gold : 43e. Européen : 28e.
Match-race
Claire Leroy, Marie Riou et Elodie Bertrand. SOF : 4e. Sail for Gold : 4e. Test Event : 4e.
Anne-Claire Le Berre, Alice Ponsar et Myrtille Ponge. SOF : 6e. Sail for Gold : 6e. Européen : 5e.
Star
Guillaume Florent et Pascal Rambeau. SOF : 4e. Sail for Gold : 12e. Test Event : 12e.
Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot. SOF : 2e. Sail for Gold : 22e. Européen : 12e.
………..
* Attention aux amalgames : l’équipage qui qualifie son pays n’est pas forcément celui qui le représentera aux Jeux…
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20/08/2011 - 00:07
Que retenir du Test Event ?
Le Test Event, organisé à Weymouth (Angleterre) à un an des Jeux, dans l’exact format des régates olympiques, s’est achevé le week-end dernier sur une prestation modeste des Français – "seulement" deux médailles, alors qu’ils nous avaient habitués à mieux… Mais ne nous trompons pas sur les raisons de cet insuccès ! Résumé en sept points (et une vidéo) des difficultés et des réussites de cette régate très particulière.
11/08/2011 - 05:30
Ils crèvent l’écran !
Ils sont incroyables ! Incroyablement forts et impressionnants ! Semaine après semaine, Pierre Leboucher et Vincent Garos sont de plus en plus hargneux, violents, compétitifs. Dire qu’ils en veulent n’est rien.
29/04/2011 - 22:00
49er : le skiff olympique expliqué par Dyen et Christidis
Conçu en 1996 par l'Australien Julian Bethwaite, le 49er est un dériveur léger monotype à deux équipiers, olympique depuis les JO de Sydney en 2000. Très léger et toilé (60 m2 au portant sous spi), il s'agit d'un skiff inspiré des 18 pieds australiens qui demande à son équipage engagement, équilibre et une grande maîtrise technique. Manu Dyen et Stéphane Christidis, qui figurent parmi les 3 meilleures équipes de 49er au monde, nous en révèlent les secrets...
22/12/2010 - 00:54
La grande équation
Dix séries à Londres et six médailles promises : l’équation olympique pour 2012 annonce un calcul complexe que peu d’athlètes sont capables de résoudre… En fin d’année, ce sont dix-huit équipages qui ont été reçus en équipe de France pour se coltiner ce défi. Le temps pour nous de (re)faire connaissance avec ce bataillon préparé pour marcher sur les Anglais, et d’évaluer leurs performances… Dans un an, les meilleurs d’entre eux auront été sélectionnés pour le grand rendez-vous. Tous derrière eux !
Vos commentaires
Article précis autant sur les modalités des qualifications que sur le niveau de nos coureurs. Bravo Manon.On va suivre tout ça.
Pas de news de Felix Pruvot? Il semblerait qu'il ait quelques problemes http://www.rue89.com/rue89-sport/2011/11/30/sportif-non-localise-sportif-dope-227079