Actualité à la Hune

Sail For Gold Regatta – Weymouth

Du sang et des larmes anglaises

Tic Tac Tic Tac ! Le chronomètre est déclenché. Dans deux ans, les Français ont prévu de balancer une grosse bombe dans le jardin des Anglais, raflant chez eux toutes les médailles olympiques. D'ici là, ils ont bien l'intention de leur saper le moral en les mettant sous pression - un brin de cynisme et une histoire de compétition surtout, comme nous l'explique le DTN Philippe Gouard. La Sail for Gold Regatta s'ouvre aujourd'hui sur le plan d'eau des Jeux, à Weymouth. Ça part donc de là.

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  • Publié le : 09/08/2010 - 05:23

Olé, les filles ! Troisièmes à Palma, puis premières à Hyères, Emmanuelle Rol et Hélène Defrance ont totalement explosé, cette saison - leur première ensemble !! - en 470. Elles pointent aujourd'hui à la 2e place du classement mondial, juste derrière... Ingrid Petitjean et Nadège Douroux. Olé ! Photo © Lionel Cottin (FFV) A compter d'aujourd'hui, l'équipe de France de voile olympique est à Weymouth, sur le plan d'eau des Jeux de Londres, le couteau entre les dents, prête à disputer la Sail For Gold Regatta, l'ultime épreuve de la Coupe du monde 2010 et accessoirement le rendez-vous des nations en préparation pour 2012.

Pays

Or

Argent

Bronze

Points

Angleterre
France
Australie
Etats-Unis
Hollande

9
9
9
5
4

10
6
5
7
5

6
8
7
5
3

25
23
19
19
13

Forte de fantastiques podiums décrochés par l'ensemble de l'équipe durant toute la saison (six des épreuves internationales comptabilisées ont déjà été courues), la France pointe justement à la deuxième place du classement des nations, deux points seulement derrière l'Angleterre.

<Aux Jeux, ce qu'il faut, c'est être fort dans sa tête, bien construit.>

L'Australie, troisième, est un peu plus loin. Seul le nombre de médailles glanées à Weymouth - le métal ne compte qu'en cas d'égalité - fera la différence...
Autant dire que les Français sont en très très bonne position pour dégommer les Anglais ! Car l'un de nos atouts est de compter sur au moins deux excellents équipages par série quand les Anglais n'en ont qu'un. Le calcul est simple.

Gouard, DTN ambitieux Pour 2012, le DTN Philippe Gouard mise davantage sur les qualités humaines de ses athlètes. Pour leur sélection olympique, à égalité de niveau technique, leur combativité et leur capacité à gérer leur stress feront la différence. Il vise 6 médailles. Photo © Gilles Martin-Raget (FFV) Pour avoir pris le poste de DTN en 2000 et réveillé le palmarès de la voile olympique depuis - la France n'avait plus connu de succès aux Jeux depuis 1992 -, notamment en se faisant l'instigateur d'une nouvelle approche du haut niveau, Philippe Gouard connaît bien le potentiel de ses athlètes. <Ils ont fait une saison en tout point remarquable. [...] J'ai confiance en eux, je crois en eux et je vais les aider.>

Gouard qui a ramené deux médailles d'Athènes (1 d'or et 1 de bronze), puis trois de Pékin (1 d'argent et 2 de bronze), a prouvé que ses méthodes étaient valables. Au retour de Chine, il s'est donné comme objectif pour 2012 de porter ses coureurs - dans le sens "exalter la confiance qu'ils ont en eux" -, et s'y tient. <Je crois que ces dernières années, on a été trop loin dans l'expertise technique et on a négligé le management et les relations humaines. La technique, la vitesse, la tactique..., ce n'est qu'une partie de la performance. Aux Jeux, ce qu'il faut, c'est être fort dans sa tête, bien construit.>

Sarah Steyaert, in the wave Du vent, du courant et de la vague... Weymouth ne manque pas de similarités avec les plans d'eau français et exigera des athlètes qu'ils soient physiques, pour Gouard. Sarah Steyeart brille par son touché de barre et sa technique exceptionnels, en plus de sa bonne gestion du stress. Photo © D.R. (Skandia Sail for Gold / onEdition) S'il évite de relever les similitudes avec les méthodes de nos plus farouches adversaires, les récents succès de l'athlétisme français, associés à une même philosophie, tombent à propos dans son argumentaire.

Pourtant, Gouard n'avait pas vraiment besoin de cet exemple : si les résultats de l'équipe de France sont de plus en plus réguliers aujourd'hui, c'est bien parce qu'il a réussi à faire bouger ses athlètes.
Les anciens, dont on craignait qu'ils soient usés, sont non seulement restés, mais ont réussi à dépasser leurs vieux démons pour entrer dans une belle maturité. Dans la plupart des séries, les guerres intestines ont cessé au profit d'un travail d'équipe fructueux. Individuellement, les coureurs ont progressé, parce que tantôt ils sont tirés par le groupe, tantôt ils en sont le moteur.

Pourquoi est-il si important de ruiner nos adversaires anglais à Weymouth, cette année ?

Parce que Weymouth est le plan d'eau des Jeux et que la moindre perspective olympique ne souffre aucune transigeance.

Parce que les Anglais sont depuis toujours nos pires adversaires sur l'eau et qu'à deux ans des Jeux, ils sont la dernière nation encore à notre hauteur.

Parce qu'à Weymouth, ils jouent dans leur propre jardin et que c'est un jardin qu'en vieilles carnes ils surprotègent, contrôlant son accès au point de régulièrement interdire aux étrangers d'y naviguer. (Bouh !)

Parce que dans le même genre, ils s'amusent à garder les zones de navigation olympiques secrètes, histoire d'agacer la concurrence.

Parce qu'il y a bien un point sur lequel les Anglais savent faire bien mieux que nous : porter et encenser leurs marins, quand nous connaissons à peine le nom des nôtres. Et il est temps que ça change.

Parce que si l'on est capable de battre les Anglais, on est capable de tout.

Quant à ce sang neuf dont on manquait, il a afflué ces derniers mois avec une force inespérée. De Kérangat, Gueguen, Cabaz, D'Ortolli, Delpech, Silvy et Hoffmann pour ne citer qu'eux... Le DTN ne s'y est pas trompé en <mettant les jeunes au feu> (et en préparant 2016 dès aujourd'hui).

Ainsi, jamais l'équipe de France n'a été si à l'aise, si proche d'une victoire éclatante.
La performance n'aurait rien d'anodin. Si elle parvenait à battre les Anglais cette semaine, elle aura montré un signe fort, très fort : qu'elle est la meilleure nation de voile olympique au monde. Point.
A deux ans des Jeux, certains diraient qu'on est encore loin de l'échéance. Pas totalement faux. Mais prendre cette victoire à Weymouth - sur le plan d'eau des Anglais, celui sur lequel eux s'entraînent à l'année - lui confèrerait aussi un ascendant psychologique monstrueux.

<Six médailles. Quand je vois de quel niveau de combativité ils sont capables,
je me dis que c'est possible.>

<Être 2e ou 1ère, ça vaut ce que ça vaut, mais ce n'est pas non plus comme si on était 15e>, confirme Gouard. Ce sursaut de sagesse n'est pas qu'une coquetterie de la part du DTN, mais tient aussi de ce qu'il sait ce que les deux prochaines saisons vont être d'un autre genre. Après s'être bagarré à fond sur cette World Cup de 2008 à 2010, l'équipe de France va affûter ses armes pour les Jeux.
<Fini de jouer>, pourrait dire le DTN qui envoie une bonne partie de ses troupes à Perth, cet hiver, en préparation des championnats du monde 2011, rendez-vous critique un an avant les JO.

Le retour des Finnistes français Philippe Gouard s'y est laissé prendre : il n'aurait pas parié sur les Finnistes français, mais Jonathan Lobert (notre photo) et Thomas Le Breton ont gagné leurs places parmi les meilleurs mondiaux avec un acharnement de dingue et Gouard aime ça ! Photo © D.R. (onEdition) L'ombre des sélections s'avance. Le DTN veut des athlètes qui auront signé des résultats à Weymouth - sur cette Sail For Gold Regatta et sur le Test event, la répétition générale des JO - et sur le championnat du monde de Perth. Des athlètes à forte combativité - il insiste là-dessus, envisageant de faire appel à l'expertise d'ancien champions olympiques comme Faustine Merret et Nicolas Hénard, d'un marin comme Michel Desjoyeaux ou de DTN qui dans d'autres disciplines ont ramené des médailles pour se faire un avis. Et des athlètes qui ont la caisse physiquement.
Car le plan d'eau des Jeux a entre autre la réputation d'être venté. <La typologie de Weymouth, c'est d'être polyvalent>, précise Gouard qui cite les plans d'eau de Brest et de Quiberon comme points de comparaison. Plan d'eau ouvert, à synoptiques forts et à phénomènes locaux connus. Or les Français sont polyvalents.

Et pour Weymouth, ce sont six médailles qu'a annoncé Gouard. <Six médailles. Il ne s'agit pas de dire "en 470, en planche, en Star, en Laser Radial, en 49er..." En revanche, quand je vois de quel niveau de combativité ils sont capables, je me dis que c'est possible.>

So, let's go sailing for gold !



Divas magnifiques Elles ont le charisme des divas et ont repris la première place du classement mondial 470 avec classe, Ingrid Petitjean et Nadège Douroux sont toujours aussi fascinantes, 12 ans après leurs débuts et on compte sur elles. Photo © Jean-Marie Liot (FFV) ...........
Nos meilleures chances de podium à Weymouth, cette année

470 féminin : Ingrid Petitjean et Nadège Douroux (3 podiums à leur actif cette saison sur la Coupe du monde), Emmanuelle Rol et Hélène Defrance (2 podiums), Camille Lecointre et Mathilde Géron (1 podium).

Nouveau souffle Camille Lecointre, barreuse hyper talentueuse, et Mathilde Géron, sa nouvelle équipière acharnée détachée à plein temps dès l'année prochaine, ont connu une belle progression cette année et ne devraient pas manquer d'exploser encore. Photo © D.R. (onEdition) 470 masculin : Nicolas Charbonnier et Baptiste Meyer (un podium plus leur récente 2e place au mondial), idem pour Pierre Leboucher et Vincent Garos.
49er : Emmanuel Dyen et Stéphane Chrisitidis (deux podiums en coupe du monde, aux quels s'ajoute leur 2e place au championnat d'Europe), Morgan Lagravière et Yann Rocherieux (toujours aux avant-postes), Julien D'Ortoli et Noé Delpech (1 podium).
Finn : Jonathan Lobert (1 podium), Thomas Le Breton (1 podium).
2.4mR : Damien Seguin (2 podiums). Match-race : Claire Leroy, Marie Riou et Elodie Bertrand (3 podiums) et Anne-Claire Le Berre, Alice Ponsar et Ophélie Théron (1 podium).
Star : Guillaume Florent et Pascal Rambeau (1 podium), Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot (1 podium).
Laser : Jean-Baptiste Bernaz (1 podium).
Leader Rs:X Actuel leader du classement de la Coupe du monde en planche, Julien Bontemps n'a pas décroché du top niveau mondial depuis sa médaille d'argent à Pékin. Photo © Jean-Marie Liot (FFV) RS:X femmes : Eugénie Ricard, Charline Picon, Pauline Perrin, toujours aux avant-postes et poussées par quatre autres douées.
RS:X hommes : Julien Bontemps (1 podium) et Alexandre Guyader, secondés par neuf fines lames.
Laser Radial : Sophie de Turckheim, blessée, n'a pas encore montré tout son potentiel, mais ne déméritera pas, tandis que Mathilde de Kérangat est en train d'exploser et que Sarah Steyaert revient aux affaires après une année d'étude et une 4e place sur le championnat du monde.

...........
Et aussi

Le classement de la Coupe du monde est établi annuellement par la Fédération internationale (ISAF), sur 7 épreuves de référence (les deux moins bons résultats, dont au moins un en Europe, ne comptent pas), pour les nations par comptabilisation des podiums et pour les coureurs par série, chaque place signée dans les 20 premiers de ces 7 épreuves rapportant de 1 à 20 points. Tous les détails de la Coupe du monde et tous les classements à retrouver sur le site dédié, ici.

Le site de la Sail For Gold Regatta, ici.

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  1. l #039;enfer, c #039;est le thermique 01/05/2010 - 00:52 42e SOF Vaincre la pétole Pétole, pétole, pétole. La 42e SOF, courue cette semaine à Hyères, n'aura pas été des plus faciles pour les coureurs olympiques engagés... Mais qui dit petit temps, pense coups tordus et nerfs à vif ! Youpi ! En effet, le suspens n'a pas manqué, chez les médaillés !
  2. charbonnier  amp; meyer dieu, mauvaise migraine 22/09/2009 - 08:01 Sail For Gold Regatta – Weymouth Les Français ont pété la baraque anglaise ! Ventée, arrachée, disputée et tactique, la Sail For Gold Regatta de Weymouth (Angleterre) – Semaine préolympique ayant lieu tous les ans sur le futur plan d’eau des Jeux – a déchainé les passions. Pour tenir les avant-postes, il fallait donner beaucoup, montrer un moral de fer et une sérieuse condition physique… Dans ce jeu exigeant, les Français ont brillé avec classe. Et rapporté cinq médailles !
  3. sarah steyaert, championne du monde de laser radial 05/05/2009 - 17:38 Equipe de France / Londres 2012 Faites vos Jeux ! Quatre années de sprint, quatre années de galère pour une préparation olympique que personne ne voudrait pour tout l'or du monde... Ah ! Si ! L'or, justement ! L'or de la médaille qu'ils veulent tous ! Dans la de l'Equipe de France olympique, ils sont 25 ; 25 noms pour quatre médailles à ramener de Londres en 2012. Découvrez leurs portraits maintenant, prenez vos paris et... Go for gold !
  4. equipe de france 2009 24/04/2009 - 16:50 Equipe de France Londres 2012 Ou comment faire du neuf avec de l’ancien , ça ne se trouve pas sous le pas d'un cheval. Aussi le fonctionnement du haut niveau français a-t-il été revu et corrigé... De la diminution du nombre d'athlètes retenus en Equipe à la (ré)édition des collectifs jeunes, en passant par le remaniement de l'encadrement, le DTN Philippe Gouard montre comment d'un bon coup de balai, on dépoussière une stratégie.