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Semaine Olympique Française – Hyères 2011

Vous avez 10 minutes pour faire la différence

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  • Publié le : 03/05/2011 - 06:02

Faire la différence Quelles que soient les séries, c'est la même image : le niveau est tellement haut et tellement homogène que faire la différence est quasiment impossible ! Photo © Jean-Marie Liot (FFV / DPPI) La 43e SOF s'est achevée vendredi dernier sur une fantastique performance des Français : neuf podiums qui, à un an des Jeux et alors que les sélections débutent, confirment que notre équipe affiche un très haut niveau de jeu...

Mais si tout semble facile pour eux, il n'en est rien : le petit temps et le médium qui ont dominé la semaine leur ont laissé très peu de marge, les contraignant à exprimer leur talent en très peu de temps.

Les cinq règles d'or pour s'en sortir en 10 minutes vous sont ici expliquées, en complément d'un diaporama de nos champions en action !

Au top ! Quelques secondes avant le départ, la flotte ne ressemble pas à grand chose, pourtant d'infimes différences se sont déjà faites entre ceux qui ont déjà décroché, ceux qui vont bien partir et ceux qui vont voler leur départ. Photo © Guillaume Durand (FFV / DPPI) En Laser, en 470, en Finn et où que vous regardiez, c'est le même choc. Montent sur la ligne de départ des flottes compactes, formées d'équipages qui ont de bons repères, la meilleure vitesse et aucun doute. L'air siffle comme une ligne haute tension. Un cri rauque claque comme un coup de feu. La dernière minute dure une éternité.

A terre, ils vous diront qu'il n'y a pas de place pour tout le monde sur ces lignes de départ-là, qu'elles sont mouillées trop courtes, que pour y trouver sa place, c'est la guerre.

Ils confieront qu'ils sont en train de courir la Semaine olympique française la plus dure de toute leur carrière et ils auront probablement raison, car l'année préolympique marque toujours le paroxysme d'une PO. C'est l'année où les sélections nationales sont en passe d'être lancées, donc tous les équipages sont là, hyper prêts, prêts à tout. Paradoxal, oui, mais l'année prochaine, le débat sera moins intense, y compris chez les Français, dont les sélections ont commencé cette semaine et s'achèveront en décembre, au championnat du monde de Perth. (Voir le diaporama ci-dessous.)

Borde ! Et voilà, la flotte est partie et va rester comme ça pendant un bon moment, les bateaux avançant sur une ligne de front compacte, comme s'ils étaient accrochés les uns aux autres. Impressionnant. Photo © Guillaume Durand (FFV / DPPI) Dans ce contexte, le petit temps et le petit médium, plus le clapot, qui ont dominé cette 43e SOF ont accentué la difficulté, car ces conditions sont à la fois très exigeantes et maitrisées par la majorité des concurrents. Ne restent que quelques secondes de procédure et certains ont déjà raté leur coup ; ils ne s'extrairont pas de la masse, soit enfermés par les autres, soit partis trop tôt et grillant le départ.
Les colonnes des classements racontent tout ça comme des faits divers, à la marge : "BFD" et "OCS" signent les départs prématurés quand les mauvais résultats trahissent les départs plantés.

L'Anglais Ben Ainslie, quadruple médaillé olympique, le dit :

<En réalité, c'est plus serré que ce qu'on croit. Ce n'est jamais facile en fait. C'est toujours une vraie bataille. La voile est un sport très dur. Et derrière cette impression de facilité que l'on peut voir aussi dans d'autres sports, il y a toujours énormément de travail et d'entraînement.>

Au moment du départ, l'illusion est tout autre. C'est une ligne de front tendue et parfaite, où chaque étrave est enchaînée à la suivante, qui monte au près. Une longueur, deux longueurs, quinze, vingt longueurs. Rien ne bouge. Rien ne change. Il n'y a ni la place de virer, ni suffisamment d'air pour tout le monde et pourtant, il faut tenir. <Tenir>, le mot est connu de tous, lâché au détour d'une phrase, mais n'a pas autant de force que ce qu'il en suppose.

Le bord de près durera dix minutes peut-être, parfois un peu moins... Et la ligne de la flotte, fantôme virtuelle de ce qu'elle a été au moment du top, va monter ainsi, preuve d'un niveau d'une vertigineuse homogénéité.
Rien n'aura semblé bouger, pourtant les micro fractures auront fragilisé l'ensemble... Et à la bouée au vent, dans des écarts infimes - pas la place de glisser une feuille de cigarette entre deux étraves - se sera écrite une hiérarchie.

Pas d'eau à la bouée au vent Une dizaine de minutes après le départ, à la marque au vent, on ne peut pas dire qu'il se soit fait beaucoup de différences : les écarts entre les bateaux sont extrêmement faibles et pourtant, l'ordre de passage à la bouée est primordial, car il n'est pas sûr qu'il bouge beaucoup ensuite. Photo © Jean-Marie Liot (FFV / DPPI) Le ou les bords de portant à suivre l'entérineront le plus souvent telle quelle... Ce qui veut dire qu'avoir trouvé la faille, avoir exploité un plus, avoir fait la différence sur ce premier bord de près fera tout, si difficile cela soit-il !
A l'évidence, les Français qui ont ramené neuf podiums la semaine dernière, de la SOF, excellent dans le domaine et nous inspirent les cinq règles essentielles pour tirer son épingle du jeu dans ce premier bord de près.


Comment faire la différence en 10 minutes de près

1. Surveiller son assiette. Dans un vent un peu faible et un clapot nerveux, que les bateaux de la flotte et des observateurs excitent, la difficulté est de trouver son appui et de stabiliser son assiette. C'est pourtant essentiel : au moindre coup de contre-gîte, le bateau décroche ; si la gîte n'est pas régulière et maîtrisée, il marche en crabe. Or décrocher quand on est au contact, que la flotte est très compacte et laisse peu d'opportunités de virer pour se replacer, est fatal. Travailler avec le corps, latéralement et longitudinalement (pour aider le bateau à passer la vague), et avec les écoutes pour soigner la relance est donc essentiel.

Tenir ! Dur ! Il faut tenir, même dans les fumées, même sous le vent, tant qu'il n'y a pas une opportunité pour se dégager sans trop recevoir. Pour s'en sortir, il faut être fort techniquement et mentalement. Photo © Jean-Marie Liot (FFV / DPPI) 2. Faire la différence en vitesse. Bien sûr, au plus le niveau est homogène, au plus il est difficile de faire la différence en vitesse. Sur des supports rapides, c'est peut-être moins flagrant, mais sur des supports lents, c'est la curée. N'empêche, savoir tirer la barre et accélérer est le meilleur moyen de trouver de l'air et de la place pour jouer. D'autant qu'il ne faut pas négliger que c'est aussi la vitesse qui fait le cap.

3. Elever son niveau de concentration. La moindre erreur technique coûte cher, se soldant par une perte de vitesse, donc en latérale... Or, dans une flotte compacte, c'est sans appel, on l'a vu. Il est donc nécessaire de savoir identifier les moments qui vont réclamer de se concentrer spécifiquement sur la technique, le temps de faire la différence, ce qui peut être long !

4. Être fort dans sa tête. Au contact rapproché, dans ces conditions exigeantes, la comparaison avec les concurrents proches peut faire mal... Savoir se blinder - sans pour autant se fermer aux autres, qui sont aussi une source d'informations - et rester focaliser est capital. Prendre l'avantage est compliqué et peut prendre du temps, alors il faut être fort et tenir !

5. Guetter les opportunités. Hélas, il arrive que cela ne le fasse pas... Et à ce moment-là, ça peut aller très vite. Avant que la perte soit trop importante, il faut réagir tout de suite pour trouver de l'air frais. A moins que vous ayez la place sous le vent de la flotte et que vous ayez les moyens techniques de ressortir en vitesse dessous (tendu), il s'agit de virer pour passer derrière quelques concurrents (qui sont tribord, le plus souvent), sans perdre trop de terrain... Il faut donc trouver un trou et la bonne opportunité ; avec un peu de chance, il y en aura une ou deux, alors pas question de les rater ! Soyez vigilants !


DIAPORAMA
Course aux sélections... et aux médailles

La Semaine olympique française était la première des cinq épreuves de référence qui vont servir aux sélections françaises pour les Jeux. Le DTN Philippe Gouard a refusé la solution mathématique, préférant traquer l'excellence dans la capacité à se surpasser. La méthode (discutée) semble fonctionner, puisque neuf podiums ont été ramenés de Hyères... Résumé en images.


(Ciquez sur l'illustration ci-dessus pour voir le diaporama.)

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Résultats complets, ici.

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